Résumé

E. Caro Diderot inédit, d’après les manuscrits de l’Ermitage

Là où règne la sensibilité, l’homme et l’écrivain sont comme dépossédés d’eux-mêmes. « Faiblesse des organes, vivacité de l’imagination, délicatesse des nerfs, qui incline à compatir, à frissonner, à admirer, à craindre, à se troubler, à pleurer, à s’évanouir, à fuir, à crier, à perdre la raison, à exagérer, à mépriser, à dédaigner à l’excès et au hasard, à n’avoir aucune idée précise du vrai, du bon et du beau, à être injuste, à être fou ; » c’est le bilan de l’homme sensible et voilà pourquoi il ne peut faire de grandes œuvres.
Source : Wikisource

E. Caro Diderot inédit, d’après les manuscrits de l’Ermitage

Les arts ne doivent pas avoir un autre but : former l’honnête homme, développer en lui la conscience de son devoir avec toutes ses ressources, ses nuances, ses délicatesses, lui faire aimer l’honneur, la probité, tout cela est l’objet unique de l’art, de l’éloquence, de la poésie. Et à ce beau spectacle de l’humanité, devenue une grande école mutuelle de vertu, sa sensibilité s’émeut ; de douces larmes l’inondent ; il bénit le monde, il bénit ses amis, il se bénit lui-même. — Quel édifiant patriarche, s’écrie-t-on ! quel bon père de famille ! quel modèle de sensibilité et de délicatesse !
Source : Wikisource

E. Caro Diderot inédit, d’après les manuscrits de l’Ermitage

« Le génie ne regarde point, il voit ; il s’instruit, il s’étend sans étudier ; il n’a aucun phénomène présent devant lui, mais ils l’ont tous affecté, et ce qui lui en reste, c’est une espèce de sens que les autres n’ont pas ; c’est une machine rare qui dit : cela réussira,, et cela réussit ; cela ne réussira pas,, et cela ne réussit pas ; cela est vrai ou cela est faux,, et cela se trouve comme il l’a dit. » C’est une sorte d’esprit prophétique, conclut Diderot, différent selon l’art, la science, les conditions où on l’emploie.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature