Louis Ducros

Résumé

Louis Ducros Les Encyclopédistes

Voyons donc, puisque c’est décider par là s’ils ont, comme ils s’en vantent, bien mérité de la postérité, voyons quelles pensées neuves et fécondes ils ont exprimées dans l’Encyclopédie, et, après avoir parlé de leur science, essayons d’apprécier leur philosophie. La transition est, d’ailleurs, on ne peut plus naturelle ici, car les sciences, au dix-huitième siècle, sont presque toute la philosophie. Que fait, au fond, le philosophe ? Il observe et explique la Nature sous toutes ses formes : nature physique, nature humaine, et, enfin, morale et religion naturelles ou prétendues telles.
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Louis Ducros Les Encyclopédistes

Il ne s’agit donc pas, comme l’enseigne l’Église, « de faire main basse sur toutes nos passions, de renoncer à tout plaisir, de devenir l’ennemi de nous-même, et, en un mot, de nous dénaturer » ; mais simplement de diriger nos passions et de gouverner notre nature dans le sens de la vertu, c’est-à-dire dans l’intérêt de la société : car la vertu est éminemment sociale, puisque le devoir de « l’homme vivant en société », c’est de chercher, comme il y est contenu en effet, son intérêt personnel dans l’intérêt général : être vertueux, c’est faire des heureux.
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Louis Ducros Les Encyclopédistes

Bien loin de croire, avec le siècle précédent, que « tout est dit » sur les grandes questions qui intéressent l’humanité, le dix-huitième siècle estime au contraire que tout ce qui a été dit jusqu’ici, en philosophie, en morale et en religion, il le faut contredire, car c’est le clergé qui a été jusqu’alors le précepteur de l’humanité et il n’a inculqué à celle-ci que des « préjugés » qu’il faut détruire ; ce n’est pas ce qu’enseigne l’Église, c’est le contre-pied de ce qu’elle enseigne, qui est la vérité
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