Résumé

E. Daudet Revue des Deux Mondes

« Cependant, monsieur le comte, j’espère que vous le croirez aisément, je ne sais quel désir et quelle espérance vague de revoir Rome vivaient toujours dans mon cœur. Une très petite lumière n’est jamais plus visible que lorsqu’elle ‘s’éteint. C’est ce que je viens d’éprouver lorsque j’ai vu que tout espoir était éclipsé et que, suivant les apparences, je ne devais plus vous voir. »
Cette pensée, qu’un destin contraire dresse entre lui et son ami une barrière et la rend tous les jours plus haute, ne cesse pas de hanter Joseph de Maistre et d’assombrir son esprit.
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E. Daudet Revue des Deux Mondes

C’est à ce moment, — août 1797, — qu’il reçut par l’entremise de Fauche-Borel une lettre datée de Blanckenberg en Allemagne, qui lui causa la plus vive satisfaction. Elle était signée du comte d’Avaray, le confident et le conseiller de Louis XVIII. Le prince avait lu les Considérations sur la France ; on lui en avait nommé l’auteur, et, bien qu’il ne le connût pas, il avait eu à cœur de lui faire savoir combien le charmait et l’enthousiasmait la lecture de ces pages ardentes, où l’on sentait vibrer une âme de royaliste.
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E. Daudet Revue des Deux Mondes

J’avais la perspective la plus brillante, si la Savoie avait été restituée. Le traité, ou pour mieux dire, la Capitulation de Paris, a renversé mes espérances. Rappelé de Suisse où j’avais servi le Roi pendant quatre ans, j’ai trouvé ici une pension de 2 000 francs qui se réduit à 1 200, vu la perte des billets, et je n’ai nul espoir d’être employé. Dispensez-moi, monsieur le comte, de m’étendre sur ce lamentable sujet. Le Roi n’est pas maître à beaucoup près de suivre son inclination : mes malheurs ne font qu’ajouter le sentiment d’une compassion respectueuse à ceux qui m’attachaient à lui.
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