Alphonse de Lamartine,
Histoire des Girondins
(1847)
“ Barbaroux, pour faire diversion aux soupçons qui s'élevaient contre Roland, demanda que Louis XVI fût le premier accusé. ”
Alphonse de Lamartine,
Histoire des Girondins
(1847)
“ Barbaroux, pour faire diversion aux soupçons qui s'élevaient contre Roland, demanda que Louis XVI fût le premier accusé. ”
Paul Féval, La Vampire (Les Drames de la mort)
“ M. Barbaroux a raison : nous avons trouvé celui que je cherchais, je n’ai plus besoin de vous. Mais l’officier de paix avait réfléchi. Ce n’est jamais inutilement qu’une administration possède dans son sein un homme complet comme M. Berthellemot. La grande image de cet employé supérieur passa devant les yeux de Barbaroux, qui dit : — Vous en parlez bien à votre aise, l’ami ; ne croirait-on pas que vous avez des ordres à nous donner ? J’ai reçu mission de vous suivre et de vous prêter main-forte ; Je dois soumettre mon rapport à M. le préfet, et je reste. ”
Gaston de Flotte, Essai sur l'état de la littérature à Marseille depuis le 17e siècle jusqu'à nos jours… (1836)
“ A nous les auteurs, à d'autres les hommes ; nous les leur abandonnons de grand cœur. Le mot politique ne se retrouvera plus dans ce livre. BARBAROUX. — Cette espèce de profession de foi nous est suggérée par le nom de Barbaroux ; Barbaroux; dont les peintres n'auraient pas dédaigné de prendre les traits pour une tête d'Antinous (i) ; Barbaroux , orateur véhément, bouillant jeune homme qui demandait à Marseille six cents hommes qui sussent mourir. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Le lendemain de cette fameuse séance, l’infatigable Barbaroux remonta à la tribune pour reprendre la thèse de Louvet ; mais il fut interrompu par les marques d’impatience de l’assemblée. Ces accusations continuelles, ces luttes funestes produisaient au dehors une grande agitation ; elles augmentaient l’impopularité des girondins et grandissaient leurs adversaires. Attaquée sans relâche, et souvent avec la plus insigne mauvaise foi, la Commune était en lutte ouverte avec la Convention. Des bandes armées, appelées du fond des provinces, continuaient à affluer dans la capitale. ”
“ Elle était née, cette voix, lorsque Cécile avait raconté l’histoire du vol. Ce jour-là, quelque chose avait craqué dans l’âme de l’abbé Barbaroux. Dans l’enclos moral où il vivait, aveugle, heureux et confiant, la libre vie était entrée, et, avec elle, un souffle amer de pessimisme et de désenchantement. ”
“ Barbaroux y demeura, tandis que Bonsignour gravissait péniblement les marches de l’escalier. L’attente fut longue. Le vieil abbé commençait à craindre que M. Legoff ne pût prêter la somme à son client. Tandis qu’il s’inquiétait, un jeune homme traversa le couloir d’un pas rapide. Il salua poliment, et Barbaroux le jugea sympathique, avec sa figure ouverte, brune et martiale, la longue moustache noire qui la coupait et son regard vif et franc. L’abbé Bonsignour descendait derrière lui. ”
Michel Corday,
Charlotte Corday
“ Une semaine plus tard, le fidèle Augustin Leclerc accompagnait de nouveau la jeune fille à l’intendance. Barbaroux n’avait point reçu de réponse de son ami Lauze de Perret. Il ne s’en étonnait pas, car les correspondances étaient très surveillées. Charlotte ne s’en émut pas davantage. Car, annonça-t-elle, son voyage à Paris était maintenant tout à fait décidé. Elle apporterait donc elle-même à Lauze de Perret la recommandation de Barbaroux. De son côté, elle offrait d’apporter les lettres et les imprimés que les Girondins de Caen voudraient faire parvenir en sécurité à leurs amis de Paris. ”
Michel Corday,
Charlotte Corday
“ Louvet, pâle et mince, spirituel et fringant, à qui le succès de son roman Faublas avait peut-être valu la haine de Marat, cet auteur jaloux et manqué ; Pétion, galant sous ses cheveux gris, Pétion qui avait connu une telle popularité comme maire de Paris qu’après sa suspension, en 92, le peuple le réclamait au cri de : « Pétion ou la mort » ; Barbaroux, étourdissant de verve et de jeunesse, paré de la beauté d’un dieu et des dons de toutes les fées, et qui avait déjà connu, à vingt-six ans, la gloire et ses revers. ”
Albert Albrier, Les naturalisés de Savoie en France de 1814 à 1848 (1878)
“ Le comte Barbaroux fut chargé d'affaires près le Saint-Siège le 16 décembre 1815, premier président le 15 juillet 1823, garde des sceaux le 26 août 1824, secrétaire du cabinet le 3 septembre 1824, ministre d'Etat le 23 juin 1830. Armes : D'azur, à la levrette rampante d'argent accolée de gueules et bouclée d'or. (1) M. Angleys, lors de son mariage avec Mlle Avet, reçut du roi Charles-Albert le titre héréditaire de baron. Armes : D'argent, à la fasce de gueules chargée d'un lion passant contourné d'or et accompagnée de deux lions passant de gueules et posés 1 en chef et 1 en pointe. ”
Michel Corday,
Charlotte Corday
“ Charlotte avait promis à Barbaroux le détail de son voyage. Elle le lui a envoyé. Nous le tenons d’elle-même. En fait, le récit de ses aventures de route est fort succinct. Car elle a beaucoup sommeillé dans cette voiture où s’entassaient, sous l’accablante chaleur, une dizaine de personnes. « Elle ne s’est réveillée pour ainsi dire qu’à Paris. » ”
Adolphe Thiers,
Histoire de la Révolution française…
“ «Nous vous regardons comme des scélérats qui bouleversez la république, qui la déshonorez en prétendant la défendre, et nous avons voulu vous combattre et vous détruire. Oui, nous sommes tous également coupables, nous sommes tous complices de Buzot, de Barbaroux, de Pétion, de Guadet; ce sont de grands et vertueux citoyens, dont nous proclamons les vertus à votre face. Tandis qu'ils sont allés venger la république, nous sommes restés ici pour la glorifier en présence des bourreaux. Vous êtes vainqueurs, donnez-nous la mort.» ”
Michel Corday,
Charlotte Corday
“ De la Place de la Révolution, les restes de Charlotte Corday furent transportés à l’hôpital de la Charité, où ils furent examinés par deux médecins, en présence de deux délégués de la Convention. L’un d’eux était le peintre David. Depuis la mort de Marat, les pires calomnies salissaient la jeune fille. On l’accusait notamment de n’avoir été que l’instrument de Barbaroux, de lui avoir obéi par amour, après lui avoir tout donné d’elle-même. Il semble que ces hommes aient voulu chercher sur elle, au delà de la mort, la trace de sa faute. Ils ne constatèrent que sa pureté. ”
“ L’ouvrière ne pouvait que s’éprendre de l’homme qui, le premier, lui témoigna de l’attention, de la galanterie et du dévouement. Elle vint demeurer aux Chartreux, tout près d’Augulanty, qui allait la rejoindre, chaque soir, et la quittait, à l’aube, en hâte, pour regagner son logis. Mais désormais l’économe eut, lui aussi, son remords. Il trembla à son tour devant l’abbé Barbaroux et craignit que cette intrigue ne lui fût, un jour, connue, ce qui ruinerait à jamais son crédit, ses espérances, son avenir et le rejetterait dans la misère d’où il avait eu tant de peine à sortir. ”
“ Pendant que M. Peloutier déversait ainsi ses rêves d’avenir, l’abbé Barbaroux continuait sa lecture. Il abordait la classe d’humanités. Et soudain, la porte s’ouvrit. M. Augulanty, qui le matin n’était pas venu, se précipita dans la salle. Il n’était plus funèbre, ni obséquieux, mais indigné, hirsute, forcené. Il se jeta au pupitre du directeur et parla bas en faisant de grands gestes violents. Aux premiers mots, l’abbé fut debout, haletant. On l’entendit s’exclamer : — Comment ? Comment ? Mais c’est incroyable, c’est insensé. ”
Michel Corday,
Charlotte Corday
“ Aussi ne craint-elle pas la mort, si proche. Mais elle ignore comment se passeront les derniers moments : « C’est la fin qui couronne l’œuvre. » À la veille de sa mort, parmi ses suprêmes volontés, elle recommande à Barbaroux Mlle de Forbin, lui donne son adresse en Suisse : « J’espère que vous n’abandonnerez pas son affaire. Je vous prie de lui dire que je l’aime de tout mon cœur. » Et ses adieux s’achèvent ainsi : « Je me recommande au souvenir des vrais amis de la Paix. » Enfin, ce soir-là, elle écrivit encore à son père cette lettre où passe toute son âme, comme dans un dernier souffle. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ BARBARE, RESQUE, s. m. & f. Barbarus, a. Nom de peuple qui habite la Barbarie, pays d’Afrique le long des côtes septentrionales, ou de la Méditerranée, depuis le détroit de Gibraltar jusqu’en Egypte. Les Barbares de la campagne sont laborieux, doux, libéraux. Ceux des villes sont fiers, avares, vindicatifs, & de mauvaise foi. Les Barbaresques, tant les femmes que les filles, sont toujours couvertes d’un voile devant les hommes. Barbare. Monnoie. Barbarus. Voyez BARBARIN. ”
Eugène Duplessy, Journal apologétique de la guerre… (1916)
“ Au Ve siècle, il y avait des Barbares qui s'appelaient les Huns, c'étaient les précurseurs et les grands ancêtres des Boches; ils avaient envahi la Gaule, ce qui allait être la France, ils s'avançaient vers Paris à flots pressés; déjà leur horde battait les murs de la capitale, de la Cité, la patrie était menacée : une bergère leva vers le ciel sa quenouille, et le flot s'arrêta devant Paris sans y entrer; les Barbares reculèrent, se replièrent et allèrent se disperser dans les plaines de Châlons, défaits définitivement. ”
Léo Larguier,
L’An mille…
(1937)
“ J'ai l'impression d'être un de ces Romains du Bas-Empire qui écoutaient au loin le piétinement des invasions, le galop des hordes. Les Barbares ! De tous les mots de la langue française, c'est celui qui me paraît le plus formidable. Quand je le prononçais, j'entendais craquer et se disloquer un ordre grandiose, je voyais de monumentales ruines sous une aube rouge pleine de promesses magnifiques. ”
Jean-Jacques Ampère,
Mélanges d'histoire littéraire et de littérature…
(1867)
“ Les Barbares semblaient transportés d'une joie sauvage et d'une rage désespérée; ils semblaient dire : « Combattons et mourons; cette fois, nous serons vengés. » Jamais gladiateurs ne s'étaient heurtés plus rudement. Le peuple était transporté. Son ivresse sanguinaire redoublait avec l'ivresse belliqueuse des combattants; eux et lui étaient comme enveloppés d'un vertige de sang, et ne s'apercevaient pas que la nuit approchait. Soudain des bruits terribles furent entendus, et l'on vit dans le crépuscule une bande de Francs courir sur les hauteurs qui dominaient l'amphithéâtre. ”
A. de Saint-Fargeau, Le Cid Campéador, ou Le héros de Castille… (1867)
“ Les Barbares, furieux, lancent des milliers de flèches contre le roc vif, qui les leur renvoie avec une force meurtrière ; les premiers rangs tombent frappés sous ces traits, qui semblent échappés à une main invisible. La superstition les aveugle, une terreur panique s'est emparée d'eux, ils jettent leurs armes, ils fuient ; Pélage et les siens les poursuivent en poussant de grands cris. La victoire est complète, plus de la moitié des infidèles reste sur la place, et Pélage est proclamé, sur le champ de bataille, roi de Galice et des Asturies. ”
Guglielmo Ferrero,
Revue des Deux Mondes
“ L’Empire redevient barbare, et du dedans encore plus que du dehors ; par l’élévation à la richesse et au pouvoir des éléments les plus grossiers de l’Empire encore plus que par les invasions des Barbares vivant de l’autre côté du Rhin ou du Danube. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Il n’y eut d’abord que la partie qui n’étoit point soumise à l’Empire Romain que l’on appela Barbarique, comme il paroît par le 52e des Canons de l’église d’Afrique ; & il semble que ce nom ne signifioit rien autre chose, sinon qui est hors de l’Empire, qui n’est point de l’Empire ; voyez les étymologies du mot Barbare adj. Les Arabes prononcent Barberie. Voyez Dapper Descript. de l’Afrique, p. 116 & suiv. Marmol. tom. ”
François Combes, Les invasions germaniques en France (1870)
“ Les Barbares vivaient dans le plateau du Norique et de la Rhétie, aujourd'hui la Bivière; dans les sables et les marécages de la Vindélicie, aujourd'hui le Brandebourg et la Prusse; dans ces contrées froides et pauvres, d'où sortirent, avec des milliers d'autres, les Vandales, qui, cherchant le soleil et le Midi, s'attaquant aux monuments, où ils supposaient des trésors, et n'étant heureux que dans les ruines et le sang, coururent jusqu'au sud de l'Espagne, et ne s'arrêtèrent qu'à Carthage, sous le soleil d'Afrique, qui les fondit cette fois comme un glaçon. ”
Salluste,
:commons:Category:Collection des auteurs latins
“ En ce moment paraissent tout à coup aux yeux des ennemis les légions en rangs serrés. À cette vue, frappés d’une terreur bientôt suivie du plus grand désordre dans les bagages, les Barbares, tant cavaliers que fantassins, s’enfuient çà et là en jetant de grands cris. Notre cavalerie, dont la valeur venait de triompher de la résistance des ennemis, transportée de joie à l’aspect du succès, et faisant partout entendre des cris de victoire, se jette sur les fuyards et en tue autant que les chevaux en peuvent poursuivre et que les bras en peuvent frapper. ”
“ Les Barbares, du pied de la muraille, lançaient sur lui leurs flèches ; il n’avait été suivi que d’un très petit nombre d’officiers ; tout-à-coup, ramassant ses forces, il s’élance au milieu des ennemis, et par bonheur il tombe sur ses pieds. Au bruit que ses armes firent dans la chute, à l’éclat qu’elles jetaient, les Barbares crurent voir un éclair rapide ou un fantôme menaçant qui le précédait, et, par l’effroi qu’ils en eurent, ils prirent la fuite et se dispersèrent. ”
Ernest Cœurderoy,
Trois lettres au journal « L’Homme »
“ Mon cher Ribeyrolles, Quelqu’étrange qu’il puisse paraître d’appeler l’invasion des Barbares sur le monde civilisé, et non pas seulement une invasion passagère comme celle de 1812-15, mais une invasion complète et définitive comme celle sous laquelle croula le monde Romain, il faut une telle abnégation ou une telle indifférence pour oser contempler sans défaillance un pareil avenir que, de toute manière, il y a lieu de s’étonner et de chercher la raison d’un pareil vœu. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ Appeler aux armes la vieille Gaule au nom de la Patrie et de la Foi chrétienne menacées par les barbares!...Oh! alors, à cette voix véritablement divine, les Peuples se soulevaient en masse, et comme au jour de la sublime influence druidique, les Vercingétorix, les Marik, les Civilis, les Sacrovir, les Vindex, héros patriotes, auraient surgi du flot populaire; vieillards, femmes, enfants, comme aux jours de l'invasion romaine, auraient marché à l'ennemi; lances, épées, fourches, faux, pierres, bâtons, tout eût servi d'armes. Les Barbares étaient refoulés hors des frontières ”
L. D., Nos vainqueurs (1871)
“ Nos ennemis n'auront que ce qu'ils méritent, et ce sera là le commencement de notre vengeance. L'Europe, étonnée, assiste, en plein XIXe siècle, à un phénomène qu'elle ne croyait plus possible, à la réapparition du Barbare, animé de la même rage destructive que ses ancêtres d'il y a quinze siècles, mais plus fort qu'eux, plus redoutable, armé des engins les plus perfectionnés de la civilisation, ayant discipliné ses hordes et fait de la tactique militaire une mécanique savante. ”
Jésuites et imprimeurs de Trévoux, Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ La Barbarie à l’Egypte à l’orient, le Biledulgérid & le mont Atlas au midi, l’Océan ou mer Atlantique au couchant, & la Méditerranée au septentrion. La Barbarie est habités par trois nations différentes ; les Barbares, ou Africains naturels, & originaires du pays ; les Arabes, & les Turcs. Les naturels du pays sont de deux sortes : les blancs qui sont ceux des côtes qui habitent dans les villes, & les noirs, qui sont plus au midi. La Barbarie est un pays très-riche. ”
Urbain Villevieille, Histoire de saint Césaire : évêque d'Arles (1884)
“ Les Barbares arrivent, et à mesure qu'ils avancent, à côté d'eux, devant, derrière, partout où ils ont passé avec l'incendie et la mort, d'autres armées viennent camper en silence, d'autres colonies se forment, se groupent et se dévouent à réparer les misères de l'invasion et à recueillir les fruits de la victoire. ”
Léo Larguier,
L’An mille…
(1937)
“ Jadis, un bon général, des légions disciplinées et solides auraient pu s'opposer à ce flot, briser ce torrent, mais, aujourd'hui, les Barbares ne viennent pas du dehors, ils sont partout, ils portent nos lettres, fabriquent notre pain, bâtissent des palaces, ressemellent nos souliers, et il n'y a pas une heure qu'ils nous retiraient la lumière et coupaient l'électricité... Je ne peux pas avoir peur, puisque je suis seul, mais tout cela m'importune et je m'en vais. ”
P. Christian, Histoires héroïques des Français… (1863)
“ Cette foule tumultueuse de Barbares soutint le premier choc avec la sauvage furie qu'on en devait attendre. L'attaque : et la défense s'étreignirent corps à corps ; mais le sentiment de l'honneur blessé décuplait les forces des soldats romains; leur discipline et leur tactique, suppléant au nombre, prouvèrent encore une fois que la victoire n'a pas besoin de gros bataillons. Les lourds colosses du Nord, s'agitant comme une troupe de buffles dans un pêle-mêle qui enchaînait leurs mouvements, ne pouvaient profiter de leur supériorité musculaire ”
