Edmond Rostand

Edmond Rostand

Résumé

Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand,  Revue des Deux Mondes

“ Que le temps n’a jamais travaillé pour personne,
Et que rien ne s’arrange, et qu’on arrange tout !
Elle remet les morts — et les vivans — debout ;
Et de la vieille guerre il n’est resté qu’une ode !
Et quand tout est nouveau, les armes, la méthode,
La forme de la gloire et celle du danger,
N’ayant pas dans son aile une plume à changer,
La Marseillaise vole ! — et pour hausser les âmes,
Tandis que la matière où nous nous engouffrâmes
Ne pourra plus cesser d’inventer des moyens,
Il suffira toujours d’ « Aux armes, citoyens ! »
”
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Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand,  Revue des Deux Mondes

“ LES RUCHES BRÛLÉES
1914
J’aime que tout de suite ils aient brûlé des ruches.
Abeille, or bourdonnant qui dans l’azur trébuches,
Ils ne sont pas vainqueurs si tu flottes encor,
Dernier petit vestige ailé de l’âge d’or !
« Pourquoi me brûlez-vous mes abeilles ? » demande
Le curé de Fraimbois à la brute allemande.
« C’est la guerre ! » répond le général Danner.
— Oui, celle de la horde à l’essaim libre et fier.
”
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Portrait de Edmond Rostand Edmond Rostand,  Revue des Deux Mondes

“ C’est de là qu’elle va partir, la Marseillaise !
« C’est vrai qu’il faut un chant, disait l’homme enivré.
Le sombre Ça Ira qui piétine, c’est vrai,
N’est qu’un bruit de sabots qui demandent des ailes ! »
Et, de son violon tirant des notes grêles,
L’homme cherche à donner des ailes aux sabots !
Il cherche...
Tout d’un coup, les sons deviennent beaux.
Le Souffle vient d’entrer. Le Souffle se fait Verbe.
”
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