Edouard Gabriel Rey

Résumé

Edouard Gabriel Rey,  Satires parisiennes du XIXe siècle… (1860)

“ Dieu seul connaît à fond le mobile du cœur, Mais tous, pour point de mire, ont-ils chez vous l'honneur?
L'intérêt personnel, ce vil gain que l'on blâme, Même au milieu de vous fait agir plus d'une âme.
Telles gens ont pris place en vos sociétés
Pour parvenir plus vite à telles dignités.
Le pauvre est maintement une chose à la mode, Qui devient, au besoin, un marchepied commode.
Que dis-je? on tend la main à ces adroits dévots Qui tirent de l'aumône un denier aussi gros; On fête, on applaudit la vertu triomphante, Et comme les nigauds la morale est contente.
”
Source : Gallica

Edouard Gabriel Rey,  Satires parisiennes du XIXe siècle… (1860)

“ Elle serait sans doute une divinité, Si sa devise était : l'Amour, la Charité !
Que ne leur prouvez-vous, par votre exemple même, Ce que rapporte au cœur l'or qu'à propos on sème?
Que n'apprenez-vous donc aux puissants d'ici-bas, Les vrais plaisirs, les seuls qu'ils ne connaissent pas, Dont ils peuvent jouir, s'ils veulent, à toute heure, Sans abréger leur vie ou troubler leur demeure, Plaisirs qui leur vaudraient de nobles envieux.
L'ineffable bonheur de faire des heureux?
Sur les pauvres, voilà le plus grand avantage Qu'aux riches, avec l'or, le Ciel donne en partage.
”
Source : Gallica

Edouard Gabriel Rey,  Satires parisiennes du XIXe siècle… (1860)

“ Voilà pourquoi jamais dans l'Université, Hormis son beau latin, on n'a rien inventé.
Comme un chêne nourrit le gui, cher à nos pères, Vous vivez tous, messieurs les universitaires, Du suc des autres, non de votre propre bien.
Si l'on n'avait rien dit, vous ne diriez, vous, rien!
Ne pas trop s'avancer, douter plutôt que croire, S'exercer moins le cœur, l'esprit, que la mémoire, N'aimer que soi, les siens, et n'applaudir que soi,
De l'Université c'est la suprême loi.
”
Source : Gallica

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