Résumé

Emmanuel Labat En Gascogne - A propos du problème de la natalité

Un peuple qui veut vivre doit maintenir la qualité de sa graine, c’est-à-dire la santé et la vigueur des jeunes. Il ne le peut pas avec une natalité réduite. La qualité implique le choix et celui-ci suppose le nombre. La quantité, au lieu d’exclure la qualité, comme il arrive ailleurs, en est ici la condition première et souveraine.
Il y a cent ans, quand la natalité était belle en Gascogne, le mariage des paysans était protégé par une véritable sélection. Tous ceux qui y étaient appelés par l’âge n’étaient pas élus et beaucoup restaient en dehors de la terre promise.
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Emmanuel Labat En Gascogne - A propos du problème de la natalité

Dans la métairie, basse et obscure, perdue au milieu des bois, où tout était pauvre et laid, on vivait d’une vie morale élevée, manifestement liée à l’idée religieuse. La grossièreté et la misère de l’existence étaient soulevées, éclairées et embellies par un idéal dont on pouvait reconnaître l’origine et le caractère religieux non seulement dans les momens solennels, comme la mort, le mariage, les naissances, mais encore dans la conception de la famille, la notion générale du devoir, la fidélité aux engagemens, la gravité du serment, le respect des vieillards, l’accueil réservé aux pauvres.
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Emmanuel Labat En Gascogne - A propos du problème de la natalité

Bourgeois et paysans ont donc réduit leurs naissances en vue de l’enrichissement et de l’ascension sociale, dans un sentiment d’ambition pour soi, pour sa maison, pour sa descendance. L’ambition produit l’énergie, mais elle en est surtout l’expression et le témoignage. En réalité, pendant la plus grande partie du siècle dernier, ce fut en Gascogne une prospérité agricole générale et croissante, chez tous un ardent désir de s’élever, un vif essor d’expansion, une poussée d’impérialisme dans les individus et dans les familles.
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