Résumé

Erckmann-Chatrian L’Éducation d’un féodal

Jacob Reiss, sur la rive, nous regardait en fumant sa pipe, et, tout en fendant les vagues, en faisant la coupe, en se retournant et me lançant joyeusement une poignée d’eau à la figure pour rire, ce vigoureux vieillard, quand nous étions un peu loin du bord et qu’il me voyait fatigué, disait : — Allons, mon enfant, passe-moi le bras sur l’épaule ; tu es las, n’est-ce pas ?
— Oui, grand-père.
— Eh bien ! regagnons la rive, mais lentement, sans nous presser... Tu sais que rien n’est plus mauvais que de se dépêcher, on n’avance plus, on perd ses forces ; plus on va lentement, mieux cela vaut.
Source : Wikisource

Erckmann-Chatrian L’Éducation d’un féodal

Puis se calmant et s’adressant à moi : — Écoute, Siegfried, dit-il, retiens bien mes paroles : Maindorf à la dent de fer est mort depuis six cents ans, et les morts ne reviennent pas ; ce que tu entends, c’est le vent qui souffle sur la mer... Et ça, fit-il en montrant les hautes fenêtres tour à tour blanches et noires, c’est la neige que le vent chasse contre les vitres ; il n’y a rien d’autre... Il n’y a pas d’esprit sans un corps. Ceux qui parlent de l’esprit des morts et qui y croient sont des ânes. Tu comprends ?
— Oui, grand-père, lui répondis-je.
Source : Wikisource

Erckmann-Chatrian L’Éducation d’un féodal

Quelle éducation aurait pu me rendre plus fort, plus sain de corps et d’esprit, plus apte aux fatigues de la noble vie militaire, et me donner des idées plus nettes sur l’ordre véritable en ce monde, sur la subordination des classes, sur les droits et les devoirs de la noblesse, et mieux me préserver de toutes ces théories absurdes, dont les professeurs de métaphysique ont toujours la bouche pleine dans nos universités, et qui réduisent bientôt leurs élèves au crétinisme le plus absolu ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature