Erckmann-Chatrian, L’Éducation d’un féodal
“ Jacob Reiss, sur la rive, nous regardait en fumant sa pipe, et, tout en fendant les vagues, en faisant la coupe, en se retournant et me lançant joyeusement une poignée d’eau à la figure pour rire, ce vigoureux vieillard, quand nous étions un peu loin du bord et qu’il me voyait fatigué, disait : — Allons, mon enfant, passe-moi le bras sur l’épaule ; tu es las, n’est-ce pas ? — Oui, grand-père. — Eh bien ! regagnons la rive, mais lentement, sans nous presser... Tu sais que rien n’est plus mauvais que de se dépêcher, on n’avance plus, on perd ses forces ; plus on va lentement, mieux cela vaut. ”
