Édouard Willer

Résumé

Édouard Willer Revue des Deux Mondes

Cependant Otto tout d’un coup s’agite, il lève la tête et ouvre les yeux ; il sent comme une main froide et osseuse passer sur sa figure et s’arrêter sur son cou, le frisson lui court par tous les membres ; il veut détacher son bras des plis du manteau, mais avant d’y parvenir, une voix qu’il croit bien loin de lui, mais qu’il reconnaît de suite, s’écrie :
— Mon père, mon père, allez vous coucher.
Aussitôt il voit à la lueur de la lune, entre la fenêtre et la cheminée, une forme d’homme se dessiner.
Source : Wikisource

Édouard Willer Revue des Deux Mondes

Les hommes sont cruels, n’est-ce pas ? bien cruels !
Otto avait retiré ses mains des lèvres de la petite Allemande, et la regardait sans répondre.
— Vous me regardez, ô mon bien-aimé ; hélas ! je ne suis plus qu’une mendiante. La fièvre a pris toute la chair de mes os, le vent du nord a terni la belle couleur de mes joues. L’aubépine de mai ne sera plus jalouse, je ne suis plus rose et blanche comme elle, je ne suis plus la fauvette que vous avez surprise un soir chantant au bord de son nid.
Source : Wikisource

Édouard Willer Revue des Deux Mondes

Un ouvrage de femme dans une main d’homme est presque toujours un cachet de décrépitude ou d’imbécillité ! Otto, tout préoccupé qu’il était, ne put s’empêcher d’y réfléchir pendant une ou deux minutes ; il resta là, devant ce vieux fileur, les bras croisés et l’œil tendu, comme un voyageur près d’une ruine ; il pensait aux ravages du temps, il avait peine à concevoir que ce corps d’homme, si ferme et si robuste autrefois, branlât maintenant comme une vieille lampe sans lumière ; que ces genoux vigoureux, qui avaient poussé un cheval au milieu d’une mêlée, fussent si chétifs et si retirés
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature