Frère Gilles

Résumé

Frère Gilles L’héritage maudit

Après le départ de Cyprien, le père Braise s’était aperçu que Céline devenait plus songeuse, s’arrêtait souvent au milieu de ses refrains, les yeux mi-clos, pour regarder là-bas, loin, loin... S’il lui demandait brusquement : « À quoi penses-tu Céline ? » elle répondait en rougissant : « je ne pense à rien, papa. » Or il est difficile de cacher un tendre penchant ; il y faut une habileté très compliquée que ne possédait pas l’âme franche et ingénue de Céline. D’ailleurs, le père Braise savait bien à quoi pensent les jeunes filles qui ne pensent à rien.
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Frère Gilles L’héritage maudit

Une flamme d’enfer dans les yeux, il but... glou... glou... jusqu’à ce qu’avec un cri rauque de bête qu’on étouffe, il tomba à la renverse.
À ce cri bestial, le petit Jules qui revenait de l’école et remontait l’escalier s’arrêta tout tremblant, tandis que du palier du second étage, un cri d’angoisse descendait : « Où est-il ? » C’était Céline qui, libérée enfin du boulanger, avait trouvé le lit vide.
Maria accompagnée du curé entrait par la porte du porche, dans la cour toute plongée dans l’obscurité, lorsqu’elle entendit la voix désolée de Céline.
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Frère Gilles L’héritage maudit

Tante Mérance ne voulut rien laisser sortir de la maison ; elle acheta tout et paya tout.
N’ayant plus que leurs effets personnels, les préparatifs furent bientôt terminés et le triste jour du départ arriva. Entre les enfants joyeux qui criaient « me-mène » et le père bourru, Céline refoulant ses larmes prêtes à couler, disait à tante Mérance :
— Vous viendrez nous voir, tante Mérance ?
— Jour du pays ! bien sûr que non, répondit celle-ci. Et tout en faisant une moue douloureuse qui rentrait ses lèvres sur ses gencives sans dents, elle embrassait les petits à les manger.
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