Résumé

G. Planche Revue des Deux Mondes

Et vraiment, ce qui est arrivé aux toiles d’Horace Vernet n’a pas lieu d’étonner ceux qui suivent d’un œil assuré la destinée de la pensée. Rarement s’est-il rencontré une œuvre humaine qui fût jugée du premier coup, en elle-même et pour elle-même. Ceux qui estiment un poème, un tableau, une statue, un opéra, pour les mérites qui lui sont propres, sans tenir compte des amitiés du poète du sujet préféré par le peintre, de l’éclat du marbre ou de la grâce des ballets, sont en petit nombre, et n’obtiennent, pour prix de leur impartialité, que le surnom de fâcheux et d’indifférens.
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G. Planche Revue des Deux Mondes

Mon intention, on le devine, n’est pas de ravaler le beau poème que j’ai cité jusqu’à la toile mesquine, prosaïque et ridicule que nous avons maintenant sous les yeux. À Dieu ne plaise ! seulement, puisqu’il n’y a pas de loi qui défende au talent superficiel et frivole de profaner les grandes choses ; puisqu’il est permis à M. Horace Vernet d’écrire sur la toile, sous prétexte de peinture, de petites comédies qui violent la majesté de l’histoire, la critique n’a contre lui qu’un recours, c’est de placer ses œuvres vides face à face avec les œuvres pleines de ses contemporains.
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G. Planche Revue des Deux Mondes

Si la Sainte-Cécile, ou la Joconde, la Crèche de Ribeira, ou le Mendiant de Murillo, ne vous donnent que du plaisir, assurez-vous que vous n’aimez pas la peinture.
Or, je pense que cette simple explication doit satisfaire complètement les admirateurs de M. Horace Vernet ; ils s’en amusent, mais ne l’étudient pas. Le public et le peintre ont tous deux raison ; si la critique intervient, c’est seulement pour dire à l’un qu’il n’est pas artiste, à l’autre qu’il se passe de l’art, et ne le soupçonne pas.
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