Gabriel Monod

Gabriel Monod

Résumé

Portrait de Gabriel Monod Gabriel Monod Revue des Deux Mondes

Ce droit divin avait été véritablement divin, attendu qu’il exprimait alors la pensée, le droit général du peuple, c’est-à-dire de Dieu. Le prêtre était l’élu du peuple, le roi le chef du peuple contre l’aristocratie. Le droit divin n’est pas une chimère au moyen âge. C’est une pensée sacrée à condition de rester divine, c’est-à-dire générale. — C’est là au fond toute notre histoire : il ne s’agit que de remplir les intervalles, d’y placer les faits.
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Car je ne parle pas du saint-simonisme : ceux qui commencent une religion par le panthéisme, tombeau de toute religion, n’ont ni science ni philosophie. Partout où le panthéisme porte la main, il glace le sentiment moral. On a dit que la vie tend à réconcilier l’âme avec le corps, l’esprit avec la matière, et cette réconciliation, cette paix entre l’esprit et la matière est l’œuvre que le panthéisme prétend accomplir. Je ne pense pas que l’homme puisse jamais faire un traité de paix perpétuelle avec le corps. Le corps est toujours l’ennemi de la liberté humaine.
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Dieu actif et passif à la fois, ce Dieu indifférent du panthéisme ; et si la Grèce avait accompli un immense progrès, en donnant à ses Dieux la perfection de la beauté humaine, combien est-ce un progrès plus grand, d’avoir élevé la divinité à la perfection morale de l’homme et d’avoir fait de la divinité, non pas le lien commun de la nature matérielle, mais un type de toute perfection ! Le genre humain tomba à genoux, et, sauf les interprétations que la science peut donner, il doit y rester toujours. « La science, a dit saint Clément d’Alexandrie, c’est la démonstration de la Foi. »
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