Résumé

Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Salon de 1857. — La Sculpture

Nous devons à cet accord constant le temple de Minerve, qui étonne encore aujourd’hui ceux qui connaissent le développement de l’imagination humaine depuis l’école d’Égine jusqu’aux écoles de la renaissance. Or ce qui se passe maintenant ne ressemble guère aux coutumes de la Grèce. L’architecte est souverain, et les sculpteurs doivent s’incliner. L’architecte invente à son gré, sans consulter personne, et tout ce qu’il lui a plu de crayonner, d’ébaucher à la sépia, le ciseau doit le traduire fidèlement. Ce n’est pas un sculpteur qui lui obéit, c’est une légion de sculpteurs.
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Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Salon de 1857. — La Sculpture

Ni la terre ni le plâtre ne charment les yeux : une œuvre incomplète séduit parfois l’ignorance, quand le marbre traduit la pensée de l’auteur, je ne songe pas à le nier, et cependant la sculpture, fourvoyée par le goût public, égarée par sa docilité, ne reprendra l’importance qui lui appartient qu’à la condition d’inventer librement, sans se préoccuper du goût des spectateurs. La liberté n’enfante pas le génie, mais il n’y a pas de génie sans liberté. Si les sculpteurs l’ont oublié, ils ont bien mauvaise mémoire.
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Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Salon de 1857. — La Sculpture

Comme ils ont devant les yeux un morceau de marbre taillé à l’image de la réalité, ils se trouvent tout naturellement compétens, car ils n’ont à juger que l’exactitude, la fidélité de l’imitation. Ils comparent ce qu’ils voient à ce qu’ils ont vu, et consultent leurs souvenirs, comme l’orfèvre consulte la pierre de touche pour connaître le titre d’un bijou. La sculpture, en se faisant prosaïque, tombe sous le contrôle des spectateurs lettrés ou illettrés, habitués à penser ou étrangers à toute réflexion.
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