Gustave de Molinari,
Biographie politique de M. A. de Lamartine…
(1843)
“ Mais, M. de Lamartine s'adressait à une Chambre tout entière absorbée par les passions et les luîtes du jour. On ne prêta à ses paroles qu'une attention distraite. La question d'Orient n'apparaissait encore que comme une affaire d'avenir et l'on se préoccupait peu alors de l'avenir. Sans doute, l'orateur qui venait de débuter à la tribune dut éprouver une tristesse profonde en s'apercevant que sa voix demeurait sans écho, que sa conviction n'éveillait aucune sympathie; il dut gémir de cette imprévoyance, de cet insouci de l'avenir dont la France devait bientôt porter la peine. ”
