Résumé

Henri Sureau La Légende de Gayant

À ce chant d’allégresse oublia ses douleurs !
Et combien d’entre vous, proscrits ou voyageurs,
Errants, tristes et las, loin d’un monde habitable,
Trouvèrent une main amie et secourable,
Grâce à l’air de Gayant, qu’en sons brillants et purs
Le joyeux carillon fait entendre en nos murs ;
Grâce à l’air de Gayant, qu’on apprend à l’enfance,
Afin d’ouvrir son cœur à la reconnaissance !...
Ce chant aimé de tous, la joie au cœur, au front
De tous les Douaisiens, mon enfant, t’en diront
Beaucoup plus que ma voix de conteuse vulgaire
Qui n’a qu’un mot d’amour pour qui défend sa mère.
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Henri Sureau La Légende de Gayant

J’avais peur, je courais pour embrasser Binbin,
Afin d’avoir l’air sage. Oh ! ce temps est bien loin !
Je suis grand, et la peur aujourd’hui me fait honte ;
Je demande une histoire et ne veux plus un conte.
La grand’mère surprise et fière, tour-à-tour,
Jette sur son enfant un regard tout d’amour.
Ce qui l’étonne ainsi, c’est ce ton plein d’empire ;
Ce qui la réjouit, c’est l’ardeur à s’instruire.
Et des flots d’espérance ont enivré son cœur.
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Henri Sureau La Légende de Gayant

Ont trouvé des censeurs qui d’une main puissante,
Osèrent renverser l’image du géant
Qui, vivant, les aurait plongés dans le néant.
Mais, toujours relevé par l’amour populaire,
Il reparut plus grand et de mine plus fière ;
Car sa fête, si chère à tous les Douaisiens,
De l’amitié souvent raffermit les liens.
C’est pourquoi, pour fixer les mémoires fragiles,
Ils trouvèrent un chant aux allures viriles
Où le bonheur parfait, la franche urbanité
Engagent leurs voisins, en ce jour si vanté,
À s’asseoir au festin qui célèbre leur père.
Heureux fils de Gayant !
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