Henri de Croizy

Résumé

Henri de Croizy Récit d'Henri aux jeunes gens (1868)

Oui, m'écriai-je, c'est là ma vocation, et je vois maintenant ma route en ce monde. Merci, monsieur le curé, merci ! car vous me l'avez tracée et vous voulez bien encore m'y guider et m'y soutenir. Quelle harmonie en toutes choses ! et par quelle loi divine et providentielle la religion devient-elle si naturellement la source de la morale et de la paix ? Je sens l'apaisement complet de tous les troubles de l'esprit et de l'âme, mon cœur est rempli d'un espoir sans bornes, infini comme ses désirs, parce que je sais que l'œuvre du temps
doit me survivre, et qu'elle portera des fruits après moi.
Source : Gallica

Henri de Croizy Récit d'Henri aux jeunes gens (1868)

J'étais le fils unique et chéri d'une riche veuve ; la mort de mon père, emporté par le choléra de 1832, l'avait accablée d'une immense douleur, que sa piété et sa résignation à la volonté divine ne rendaient que plus durable. C'était la veuve chrétienne, dans toute sa noble et douce expression ! cachant sa vie, remplie de dignité, de bonnes œuvres et de prières, au centre d'un solide rempart d'amis dévoués et de bons serviteurs.
Une vieille tante, pleine d'esprit et de cœur, demeurait avec elle; et tout en lui servant de chaperon, lui faisait une agréable société.
Source : Gallica

Henri de Croizy Récit d'Henri aux jeunes gens (1868)

Mon pauvre Henri, vous allez être un homme du monde, vous paraderez chez des gens bien fiers de leur nom, de leurs richesses; je vous vois d'ici, élégant cavalier de nobles poupées, causant à vide, dansant peut-être sans aucun plaisir, ou jouant pour tuer le temps. Je vous vois encore arpentant au grand galop de votre cheval les allées fashionnables d'un bois d'opéra comique, au sein d'une nature aussi artificielle que la vie que vous vous serez tracée. Comment voulez-vous que je vous y accompagne, moi, penseur, ami de la retraite et de la liberté !
Source : Gallica

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