Résumé

Henry Daussy D'Amiens à Albert, après la bataille de Pont-Noyelles (1884)

Les espions prussiens pour les Français et les francs-tireurs pour les Prussiens étaient des épouvantails qui troublaient les plus fermes courages. Dans les grandes commotions morales, comme celle que cause la guerre, il se produit de ces sortes de folies qui sont éminemment contagieuses et qui, par la contagion même, grandissent dans des proportions inconcevables.
Chez nous on avait la manie de l'espion ; on en voyait partout ; nombre de gens fort honorables ont failli être fusillés sous l'accusation d'espionnage.
Source : Gallica

Henry Daussy D'Amiens à Albert, après la bataille de Pont-Noyelles (1884)

Vous pensez que nos paysans chercheraient, en tirant sur vous, à se venger des mauvais traitements dont ils auraient été l'objet ces jours derniers ? Vous n'avez donc pas vu tout à l'heure dans quel état de consternation sont ces pauvres habitants de Querrieu, dont pas un n'ose bouger. Songez à ce froid rigoureux, à cette triste nuit d'hiver, et demandezvous s'il y a grande chance de rencontrer d'ici à Albert un homme assez déterminé pour faire le guet par un temps pareil en attendant qu'un Prussien vienne s'offrir à ses coups.
Source : Gallica

Henry Daussy D'Amiens à Albert, après la bataille de Pont-Noyelles (1884)

On peut passer dans la rue voisine sans se douter de leur présence. Ils n'ont point le sang bouillant des nôtres, leur vivacité, leur turbulence. Quoi d'étonnant, que ces petits bonshommes qu'on voit ainsi s'en aller paisiblement chez eux avec leur sac d'écolier au dos, lorsque plus tard, devenus grands, ils portent le sac du soldat,soient calmes, obéissants, patients, résignés à tout. On peut les mettre à un poste en leur disant : restez là et ne bougez. Ils restent et ne bougent pas, malgré le vent, malgré la neige.
Source : Gallica

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