Mathurin Fouéré-Macé

Résumé

Mathurin Fouéré-Macé Trois semaines dans les griffes prussiennes (1896)

C'était un capitaine d'artillerie tué à Changé, le second jour de la bataille. L'aumônier m'avait parlé de la perte sérieuse que faisait en lui l'armée allemande.
« C'était le plus habile pointeur de l'armée, m'avait-il dit; quand le roi apprendra sa mort, il en sera profondément affligé et il en versera des larmes. »
Le cercueil était couvert d'une montagne de fleurs; on avait dû, pour lui, piller les plus belles serres de la ville. En passant près du cercueil, je me découvris - on doit toujours respecter la mort, — mais je me hâtai de remettre mon chapeau, à la grande colère des Prussiens.
Source : Gallica

Mathurin Fouéré-Macé Trois semaines dans les griffes prussiennes (1896)

J'écrivis quelques lignes sur une feuille que je détachai de mon carnet; ce fut en vain que je priai les Allemands qui passaient de remettre le papier à l'un de leurs chefs : « Nix! nix! » fut leur seule réponse. Je vis enfin se diriger vers la maison un général assez rougeaud, à la barbe grisonnante : Monsieur, lui dis-je, ordonnez de me faire mettre en liberté. Voilà ma carte de Genève, ma feuille de route et mon signalement d'aumônier; je suis évidemment prisonnier par erreur.
Si, vous prisonnier, me répondit-il en colère, et vous fusillé!
Ah ! on ne fusille pas comme ça les gens !
Source : Gallica

Mathurin Fouéré-Macé Trois semaines dans les griffes prussiennes (1896)

Et, bras dessus bras dessous, nous reprenons la route du Mans. Mais comment se débarrasser du malencontreux joujou? La route était pleine de soldats prussiens. Nous entrons dans un champ; on y
relevait et l'on y enterrait des soldats tués les jours précédents. Nous vîmes là — singulier effet de la mort! - le cadavre d'un lieutenant de mobiles de la Sarthe, dont la face et la poitrine, noires comme de l'ébène du côté gauche, étaient demeurées d'un blanc d'ivoire du côté droit. Une petite plaie, au
bord teinté de sang noir, indiquait clairement qu'une balle l'avait frappé en plein cœur.
Source : Gallica

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