J. Delom de Mézerac

Résumé

J. Delom de Mézerac Revue des Deux Mondes

Ce principe posé, les logiciens de la Constituante ne pouvaient manquer d’en déduire les conséquences. Le citoyen qui ne pourrait pas ou ne voudrait pas user lui-même de cette faculté de se défendre chargerait de ce soin celui qui lui paraîtrait le plus capable de soutenir ses intérêts. En bonne logique, le droit de se défendre n’est complet qu’à la condition de pouvoir être délégué, et délégué à n’importe qui. Forcer le plaideur à choisir son mandataire dans une certaine classe d’individus, c’eût été une diminution de son droit, une mainmise sur son libre arbitre.
Source : Wikisource

J. Delom de Mézerac Revue des Deux Mondes

« l’homme instruit, dit-il, l’homme probe a été confondu avec l’ignorant et le fourbe ; une foule d’individus sans talens ont osé se présenter pour embrasser la défense de leurs concitoyens. Enfin cet état de défenseur, jadis si considéré, est tombé dans l’opprobre, soit à cause de l’incapacité, soit à cause du peu de délicatesse de la majeure partie de ceux qui l’ont exercé. Il est temps que cet abus cesse ; il est temps qu’un citoyen puisse réclamer ses droits sans être exposé à devenir la victime de la cupidité et de l’inexpérience. »
Source : Wikisource

J. Delom de Mézerac Revue des Deux Mondes

Pour les hommes de 1789, l’argumentation de Robespierre était irrésistible, parce qu’ils y retrouvaient l’expression de leurs idées et de leurs sentimens. Et comment s’étonner que les membres du barreau qui siégeaient sur les bancs de la Constituante aient gardé le silence ? Leur abstention s’explique à merveille. Supposons que Target, Thouret, Chapellier, Barnave ou quelque autre avocat fût monté à la tribune pour répondre à Robespierre et combattre le principe de la défense libre : qu’aurait-il pu dire à une assemblée grisée par ce beau rêve de fraternité universelle ?
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature