Jean-Baptiste-Augustin Hapdé

Résumé

Jean-Baptiste-Augustin Hapdé Les Sépulcres de la Grande Armée… (1814)

Des cuisses, des bras cassés, luxés, sont heurtés, ébranlés par d'horribles cahots. L'un de ces cahots est si violent, qu'il jette à terre deux malades placés à l'extrémité de la dernière voiture : trois blessés envient leur sort; et pour mettre fin à des tortures inouïes, s'efforcent euxmêmes de tomber!... Les conducteurs, montés sur leurs chevaux,' ne voient rien, entendent ou n'entendent pas les cris, les voitures ne s'arrêtent point.
Source : Gallica

Jean-Baptiste-Augustin Hapdé Les Sépulcres de la Grande Armée… (1814)

Auprès de Troyes, des rouliers sont requis pour conduire des blessés à Nogent. Ils partent avec eux. Renvoyés d'hôpital en hôpital, de gîte en gite-, ils se concertent ; sous le prétexte de faire rafraîchir leurs chevaux, ils déchargent eux-mêmes les blessés dans une ferme dévastée, déserte, éloignée de la grande route , et disparaissent pendant la nuit. On juge du désespoir de ces militaires en s'apercevant, le lendemain, qu'ils sont délaissés. Tous ont de grandes blessures. La majeure partie d'entre eux ne peut bouger, l'autre n'est en état que de se traîner jusqu'à la porte d'entrée.
Source : Gallica

Jean-Baptiste-Augustin Hapdé Les Sépulcres de la Grande Armée… (1814)

Ce n'est pas tout, quatorze blessés , hors d'état de se mouvoir, étaient restés dans le bateau ; il défend aux infirmiers qui partaient avec des civières , d'aller les chercher. Eh ! il faut obéir ! Le lendemain, on en trouve deux gelés, quatre autres meurent en entrant à l'hospice.
Le même commandant, par un excès de zèle, j'aime à le penser, réunissait à l'hôpital un détachement de conscrits, et leur faisait distribuer , sans être désinfectés , tous les vêtemens des malades ou des défunts.
Source : Gallica

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