Victor Hugo,
La Légende des siècles
“ Cette bataille-là se nomme Eylau ; je crois Que j'étais capitaine et que j'avais la croix ; Oui, j'étais capitaine. Après tout, à la guerre, Un homme, c'est de l'ombre, et ça ne compte guère, Et ce n'est pas de moi qu'il s'agit. Donc, Eylau C'est un pays en Prusse ; un bois, des champs, de l'eau, De la glace, et partout l'hiver et la bruine. Le régiment campa près d'un mur en ruine ; On voyait des tombeaux autour d'un vieux clocher. Bénigssen ne savait qu'une chose, approcher Et fuir ; mais l'empereur dédaignait ce manége. Et les plaines étaient toutes blanches de neige. ”
