Résumé

Laure Junot Abrantès Choix de mémoires et écrits des femmes françaises au XVIIe… (1892)

Le vieux guide regarda aller le premier consul; tant qu'il put croire qu'il se retournerait, il fit assez bonne contenance : mais une fois qu'il ne le vit plus, la digue se rompit, il fondit en larmes.
— Voyez, disait madame Bonaparte en pleurant, voyez tout ce que Bonaparte peut redouter.
Elle pleurait et me dit en m'embrassant : — Madame Junot, la figure de cet homme m'a fait une si terrible impression, que je suis sûre de ne pas dormir de la nuit. Et Bonaparte! s'il m'entend me plaindre seulement il se fâche. Il n'a jamais rien à craindre, à ce qu'il prétend.
Source : Gallica

Laure Junot Abrantès Choix de mémoires et écrits des femmes françaises au XVIIe… (1892)

Eh !
mon Dieu, que de tableaux dans le même genre on aurait pu faire de l'empereur, car il adorait son fils, et il en était dans une occupation perpétuelle. Il jouait avec lui comme si lui-même avait eu six ans ; il prenait le roi de Rome dans ses bras, le faisait sauter en l'air, le remettait à terre, puis l'enlevait encore avec une vivacité qui faisait rire l'enfant jusqu'aux larmes, puis il se mettait avec lui devant une glace et lui faisait des grimaces, ce qui
excitait la joie du jeune prince à lui faire faire des cris et des trépignements.
Source : Gallica

Laure Junot Abrantès Choix de mémoires et écrits des femmes françaises au XVIIe… (1892)

Bientôt la naissance d'un fils vint mettre le comble au bonheur de l'Empereur.
Quelle ivresse pour son cœur. Une poésie admirable donne une juste idée de Napoléon regardant ou caressant son fils !.
Car les cœurs de lions sont les vrais cœurs de père !.
Et puis, qu'il était beau cet enfant, lorsqu'il se promenait aux Tuileries, dans cette calèche faite en forme de conque, et traînée par deux jeunes daims que Franconi avait dressés, et qui lui avaient été donnés par sa tante, la reine de Naples ! Il ressemblait à ces amours d'Herculanum.
Source : Gallica

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