Jean Henri Baradère

Résumé

Jean Henri Baradère Revue des Deux Mondes

Il n’en est pas de même à la Vera-Cruz, à Mexico, et dans beaucoup d’autres contrées : l’étranger y est accueilli avec un dédain et une dureté inouie ; on est trop heureux quand ces hommes dégradés consentent, pour de l’argent, à vous faire cuire les alimens qu’on s’est procurés, et qu’on vous permet de coucher sous le porche. Partout où les Espagnols ont passé, on trouve absence de vertus sociales, et des traces de férocité ; on ne voyage avec sécurité, dans la Nouvelle-Espagne, que dans les contrées où l’influence espagnole n’a pas exercé son empire.
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Cette religion toute intellectuelle ne pouvait être comprise par eux, ni satisfaire des âmes ardentes sans l’instruction nécessaire, et les moines n’avaient garde d’instruire les Indiens ; ils les façonnaient à leur croyance comme on force les esclaves d’Afrique aux cultures des Antilles. L’esprit du christianisme n’est jamais entré dans la tête des Indiens ; ils ont été habitués aux cérémonies du culte, au lieu d’adorer un Dieu, ils adorent un Christ, une image de la Vierge, d’un saint ; leur culte est le même, ils n’ont fait qu’adopter de nouvelles idoles.
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RELIGIEUSES DU MEXIQUE. De tous les fléaux portés par les Espagnols en Amérique, l’introduction des moines est celui qui a le plus pesé sur ces belles contrées, et dont les suites ne disparaîtront qu’avec la génération actuelle : les cruautés que ces faux apôtres employèrent pour forcer les Indiens à briser leurs idoles, font frémir l’humanité ; l’horreur de ces supplices inusités s’est tellement conservée, que les Mexicains d’aujourd’hui gémissent encore sur les calamités qui désolèrent leurs ancêtres il y a trois siècles.
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