Jean d' Agraives

Le virus 34 (1930)

Résumé

Jean d' Agraives Le virus 34 (1930)

Heureusement que les Canaques veillent bien devant.
Sous la brise, le Va-con-Dios tranchait librement la mer, en tirant parfois sur sa barre, comme un pur-sang sur la bride. C'était ce qu'on appelle un bateau ardent.
Quand le vent fraîchissait, il lofait ; l'avant remontait vers le vent et il fallait un bon effort sur le gouvernail pour le forcer d'arriver. Darboy jouissait de cette lutte courtoise avec les éléments. Il se comparait à son coursier marin. Le bateau et l'homme se ressemblaient. Ils n'avaient d'attache ni l'un, ni l'autre, libres d'aller où bon leur semblait.
Source : Gallica

Jean d' Agraives Le virus 34 (1930)

A quelque distance, en avant du cotre, une petite grève, sable et cailloux, s'incurvait en arc très ouvert. Dans une tache blanche qui le marquait au milieu, il reconnut le canot du Va-con-Dios, soigneusement tiré hors de l'atteinte des vagues.
Plus loin, c'étaient des rochers bruns ou rougeâtres, des végétations foncées... mais, en hauteur, il n'en pouvait découvrir plus.
— Allons voir ça ! murmura Darboy.
La prudence protestait en vain.
L'inquiétude parla plus fort, et aussi la curiosité. En un clin d'œil, il se dévêtit et se coula à l'eau, qui se trouva plus chaude que l'air humide.
Source : Gallica

Jean d' Agraives Le virus 34 (1930)

Chacun d'eux marchait vers un but déterminé qu'il atteignait, s'y attardait quelques secondes et puis reprenait, en courant, la direction de la goélette.
Bientôt les lanternes s'éteignirent. Un guindeau chanta, une chaîne racla, aigre, sur les écubiers. Des voiles s'ouvrirent et s'étalèrent, puis s'enlevèrent, fantomatiques, sur le clair-obscur de la nuit et le bateau appareilla, évolua, glissa sur l'eau et s'éloigna, tous feux éteints.
Georges et Germaine demeuraient seuls sur l'île luxuriante désertée !
Et, tout à coup, il leur sembla que la vie y agonisait.
Source : Gallica

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