Résumé

Joseph-Antoine-Joachim Cerutti Discours sur la question proposée par l'Académie des Jeux floraux pour l'année 1761… (1792)

A cette époque, la lumière devient générale: les vraies idées de l'humanité, de la justice, de l'héroïsme, chassent de tous les esprits les fausses idées qu'on en avoit. Le préjugé féroce des duels, qui devoit à ces dernières le masque sous lequel il en imposoit à la nation, paroît à découvert. Les Français, préparés insensiblement à l'envisager tel qu'il est en lui-même, frémissent à son aspect : ils n'avoient nourri ce monstre si long-temps dans leur sein que faute de le connoître : ils ne le connoissent que pour le rejeter avec horreur.
Source : Gallica

Joseph-Antoine-Joachim Cerutti Discours sur la question proposée par l'Académie des Jeux floraux pour l'année 1761… (1792)

Ce n'est pas même la passion : le cri du ressentiment n'étouffe point en eux le cri de la nature , et le désir de punir un adversaire n'entraîne point celui de le massacrer. Quel peut donc être le mobile qui les conduit ? Le plus foible en apparence, et le plus puissant en effet, la coutume. Soumis à son empire comme le reste de l'univers , ils condamnent le duel en sages, ils le détestent en hommes , et ils y courent en esclaves.
Source : Gallica

Joseph-Antoine-Joachim Cerutti Discours sur la question proposée par l'Académie des Jeux floraux pour l'année 1761… (1792)

Les lois n'ont pu attaquer la passion que dans ses effets ; moyen borné : les lettres l'ont attaquée jusques dans sa source moyen le plus étendu.
Les lois ont poursuivi la coutume vivement dans un temps, foiblement dans un autre; moyen qui se détruit lui-même : les lettres l'ont poursuivie en tout temps et chaque jour avec de nouvelles forces ; moyen qui assure tous les autres moyens.
Qui pourroit douter après cela que la lumière des lettres n'ait plus fait contre la fureur des duels que l'autorité des lois ?
Source : Gallica

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