Louis-Augustin-Léon Nouel de Buzonnière

Résumé

Louis-Augustin-Léon Nouel de Buzonnière Les Solonais, scènes de la vie des champs… (1840)

Oh! que non pas! Pauvre Solange, va ! si elle pouvait seulement m'entendre ! Viens, ma fille; viens ici près de moi ! Il ne t'épousera pas, va, mon coeur! Non, tu ne l'épouseras pas ! tu m'arracherais plutôt l'âme! Entends-tu? Ah! mon
Jean ! je n'en peux plus ! Tiens, le coeur me mauque : tout tourne autour de moi; je sens que je m'en vas.
— Allons, notre femme, reprit le père Jean, qui, tout affligé qu'il était, craignait encore d'exciter le ressentiment de Soutif en donnant cours à toute sa douleur, il ne faut pas comme
cela perdre courage.
Source : Gallica

Louis-Augustin-Léon Nouel de Buzonnière Les Solonais, scènes de la vie des champs… (1840)

Qu'en dis-tu, Solange?
— Tout m'est égal, pour ce que j'ai à faire en ce monde.
— Si tu voulais pour après demain , dit Soutif, d'un air caressant.
— Déjà ! eh bien, oui : après demain.
— Du moins, reprit Jean, cette journée finit un peu moins mal qu'elle n'a commencé. Va prendre du repos, mon enfant. Le bon Dieu sait si tu es coupable. C'est à lui de te punir : pour moi je te pardonne, car la colère ne répare rien.
— Et moi aussi, dit Véronique ; je ne pourrais plus gronder, je suis trop joyeuse de te revoir.
Source : Gallica

Louis-Augustin-Léon Nouel de Buzonnière Les Solonais, scènes de la vie des champs… (1840)

Soutif, quelque dépravé qu'il fût, ne put résister aux charmes d'une vertu si pure ; et perdant peu à peu ce ton d'assurance qu'il avait d'abord affecté :
— Solange, lui dit-il pour la première fois avec une véritable effusion , que je voudrais lire dans votre coeur! J'ai fait tout pour vous posséder, et maintenant je regrette presque de vous avoir obtenue ; car je crains que ce mariage ne vous rende malheureuse ; vous devez me regarder comme votre ennemi! me haïr! parlez-moi franchement, Solange, me haïssez-vous ?
Source : Gallica

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