Résumé

Louis Binaut Des Idées libérales dans l’ancienne France…

Toute terre, dit le poète, ne porte pas tous les fruits. Si la France était prédestinée à produire l’égalité avant la liberté, il fallait lui en laisser le temps, car l’ouvrage n’était pas de ceux qui s’improvisent. Mais ce qui, selon nous, est capital à observer en cette matière, c’est la pensée constante qui règne dans une nation et qui se révèle à ses différens âges : c’est là sa personnalité, et, à vrai dire, c’est là sa liberté, imparfaite sans doute, mais plus réelle que tout le reste, et qui ne peut manquer de produire un jour tout le reste.
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Louis Binaut Des Idées libérales dans l’ancienne France…

Commynes était certainement séduit par l’ouvrage immense que son maître accomplissait à travers tant de difficultés et de déboires, en abattant, au profit de l’unité nationale et de la sécurité des peuples, cette féodalité apanagère qui démembrait et déchirait le pays, et qui, sans autre but que de satisfaire l’ambition, la cupidité et la haine, y nourrissait l’inextinguible incendie de la guerre civile et de la guerre étrangère. À force d’entrer dans les vues de Louis XI, il entre dans son esprit ; à force de se pénétrer de son esprit, il sympathise avec son caractère.
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Louis Binaut Des Idées libérales dans l’ancienne France…

Le danger sera surtout grand, dit-il, si on a contre soi un prince « qui cherche à gagner gens : qui est une grand’grâce que Dieu fait au prince qui le sait faire, et est signe qu’il n’est point entaché de ce fort vice et péché d’orgueil qui procure haine envers toutes personnes. » Ainsi l’art de « gagner gens, » l’art de corrompre, car il n’est question ici que de « marchandise, » voilà le grand don que Dieu fait aux princes. Si vous ne savez point « gagner gens, » c’est que vous êtes « entaché de ce fort vice et péché d’orgueil » qui trouble le monde et fait encourir « l’ire de Dieu. »
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