Résumé

M. Guizot M. de Barante, ses Souvenirs de famille…

M. de Barante, notre préfet, s’efforce d’adoucir les misères que sème le gouvernement, et sait amplement compenser le mal qu’il est forcé de faire par le bien qu’il fait volontairement. Il sait se faire adorer dans l’exécution même de la conscription et de la levée des impôts. Nous sentons que sa probité, sa douceur, sa justice, l’ordre parfait qu’il a établi dans tout ce qui dépend de lui, nous sauvent chaque jour des milliers de vexations, et que nous n’éprouvons d’autres maux que deux qui sont inévitables.
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M. Guizot M. de Barante, ses Souvenirs de famille…

« Je suis triste, écrivit-il à Mme de Barante en lui racontant son départ de Napoléonville, triste et bien touché des adieux que je reçois de ce pays ; le chagrin que cause notre départ n’est pas concevable et m’étonne ; chacun m’aborde les larmes aux yeux ; les plus secs et les plus insoucians sont attendris comme des enfans. Ce sentiment, qui m’honore et dont je suis ému, est général ; c’est dans tout le pays et dans toutes les classes ; l’autre jour à Luçon, pendant le conseil de recrutement, chacun disait à voix basse : « Jamais nous n’aurons un homme aussi juste. »
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M. Guizot M. de Barante, ses Souvenirs de famille…

A Bressuire comme à Genève, M. de Barante suivit les instincts de sa nature ; il avait tous les goûts fins et délicats, tous les sentimens élevés et généreux ; partout où il les rencontrait, il allait au-devant et s’y unissait, comme la flamme monte, comme l’eau descend selon sa pente. Les opinions et les habitudes sociales de M. et de Mme de La Rochejacquelein étaient à coup sûr fort différentes de celles de M. Necker et de Mme de Staël ; mais c’était la même atmosphère morale, le même mouvement spontané vers les hauteurs de l’âme et de la vie.
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