Manoel Gahisto

Résumé

Manoel Gahisto Croquis du passant (1904)

Mais nous voilà loin de Brionne et loin de mes modestes souvenirs de passant. J'espère ne pas me repentir d'avoir osé ex primer ci-dessus mes opinions peu autorisées sur des travaux d'histoire, d'archéologie, d'érudition, alors que je n'ai d'autre qualité pour les apprécier que d'être un lecteur attentif. Je parlerais volontiers plus longuement des poésies de Jules Prior, car les livres des poètes me sont plus familiers. Ils sont si nombreux, ceux qui riment aujourd'hui, et c'est si agréable, lorsqu'on ne fait pas soi-même de vers, de lire ceux des autres.
Source : Gallica

Manoel Gahisto Croquis du passant (1904)

La rivière brillait à certains coudes de son lit comme une coulée de diamants dans un écrin vert. Les maisons, les arbres des prairies et les fabriques la cachaient pourtant en grande partie, épars dans la vallée où s'étendait le panorama de Brionne, de ses rués commerçantes, de ses boulevards clairs et de ses coquettes villas. En face, la côte du Vigneron, des maisons encore, des champs de céréales mûres et surtout, la
verdure plus sombre des bois au sommet, par delà les frais tapis des herbages.
Source : Gallica

Manoel Gahisto Croquis du passant (1904)

Je m'imaginais aisément pareille heure à six siècles de recul, les chaumières du Brionne ancien que me rappelait une vue en phototypie,au bas de la côte, le lever du soleil égayant toute la vallée, et, à l'angle du donjon, l'homme de garde prêt à cesser sa faction. L'allégresse du matin le pénètre : il est las d'épier l'ombre, d'écouter le silence et d'attendre.
Source : Gallica

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