Marcel Nadaud

Résumé

Marcel Nadaud,  Chignole au paradis (1923)

“ Il lui semble que, contrairement à l'esprit de la religion et de la loi, la mort n'a pas rompu le lien mystérieux qui l'unit à Chignole, noué par la jeunesse et l'amour. Remariée, compagne d'un autre homme, sa pensée restera prisonnière du premier et son honnêteté se révolte devant la perspective d'une inévitable duplicité. Elle envie celles qui ont l'heureux privilège de subir sans discuter, dont l'âme simple suit le courant, au lieu de tenter de remonter à sa source, qui, soumises aux choses comme aux hommes, renonçant à toute initiative, n'assument aucune responsabilité. ”
Source : Gallica

Marcel Nadaud,  Chignole au paradis (1923)

“ Comme
certains religieux portent à leur rosaire la tête décharnée d'un memento-mori d'ivoire, Chignole garde au chapelet de ses amours frivoles le petit cœur de chair de Sophie Bassinet, la dactylo trop pâle et trop blonde qui, dans une maison grise de Montmartre, pleure toujours sa disparition.
Certes, elles sont bien belles, les dames du paradis ; mais, précisément, ne sont-elles pas trop belles pour un Chignole qui garde toujours le désir puéril, mais si humain, d'être aimé pour lui-même ? Il n'est pas très sûr de les aimer un jour
”
Source : Gallica

Marcel Nadaud,  Chignole au paradis (1923)

“ Cigognes possédait (au figuré) une dactylo ; comme Séraphine, elle était blonde telle une toile d'avion dans le soleil ; comme Séraphine, elle était aussi légèrement vêtue ; comme Séraphine, elle avait le don, par sa seule présence, de vous faire voir tout en rose. Seulement, comme saint Pierre, le commandant étendait ses ailes protectrices sur la vertu de son personnel, et comme pour Séraphine, Chignole ne put en garder qu'un souvenir charmant en place d'une réalité un instant escomptée.
— C'est effrayant de penser; c'que les bons types peuvent être rosses !
”
Source : Gallica

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