Henry Dubouloz

Résumé

Henry Dubouloz Contes à Charlette (1939)

Saint Pierre, étonné, sortit et vit l'horrible bête et lui dit de s'en aller bien vite, que ce n'était pas là une place pour un crapaud, qu'il allait salir le beau nuage rose, ferait peur aux petits anges.
Le crapaud ne bougea — et pour cause — il n'avait plus de pattes.
Saint Pierre, qui est sévère, mais juste, comprit qu'il ne pouvait rejeter sur la terre, où elle se serait écrasée, ni lancer en enfer, qu'elle ne méritait pas, la pauvre bête qui, sa vie durant, avait été bonne et utile et qui en avait été récompensée par le martyre.
Source : Gallica

Henry Dubouloz Contes à Charlette (1939)

La vieille tortue s'accroupit dans l'ornière, rentra pattes, tête et queue et attendit le choc : « A la grâce de Dieu, dit-elle. »
L'automobile heurta la tortue, solide comme un roc. Elle fit une embardée, les pneus dérapèrent et la voiture, perdant sa direction, sauta du haut du dos de la tortue, juste pour passer en plein sur la noble tortue sans écaille, qui s'était promis de bien rire de la misère de sa sœur.
Celle-ci, au bout d'une minute, ne se sentant pas de mal, se remua, se trémoussa, car le poids de l'auto l'avait un peu enfoncée dans
l'ornière.
Source : Gallica

Henry Dubouloz Contes à Charlette (1939)

Jean-Baptiste ne savait pas mentir et lui répondit :
— Non, je l'ai bien pris, mais je l'ai relâché, parce qu'il me l'a demandé au nom du Christ.
Tous les hommes se prirent à rire et à se moquer.
— Voilà Jean-Baptiste ! Il ne prend jamais rien que des poissons qui parlent. Aussi n'en prend-il pas souvent. Puisque ton poisson parlait, tu aurais dû lui demander de t'écrire son nom.
L'opinion unanime fut que Jean-Baptiste était devenu fou. Cela devait arriver, pensa-t-on. Un garçon qui passe son temps à lire comme un curé.
Source : Gallica

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