Résumé

Portrait de Narcisse-Achille de Salvandy Narcisse-Achille de Salvandy Vingt mois, ou la Révolution et le parti révolutionnaire… (1831)

La France comprit le 8 août tout entier avec un admirable instinct. Elle prit les noms qui lui étaient jetés comme des cartels, et le défi l'épouvanta. Elle vit qu'il s'agissait de la charte; les hommes qui avaient quelque prévoyance dans l'esprit, eurent l'âme navrée: ils comprirent qu'il s'agissait aussi de la royauté.
Jamais situation plus extraordinaire ne se vit dans l'histoire. Le trône et le peuple s'observaient comme sur un champ de bataille; on semblait s'attendre. La couronne faisait ses préparatifs en s'occupant de ranger la gloire de son parti ; le peuple mettait du sien la loi.
Source : Gallica

Portrait de Narcisse-Achille de Salvandy Narcisse-Achille de Salvandy Vingt mois, ou la Révolution et le parti révolutionnaire… (1849)

C'est le propre des chefs de tout parti, de se scandaliser que, dans ses rangs, on voie autre chose qu'eux-mêmes. C'est leur prétention constante, qu'on juge de la faction par eux, et non pas d'eux par la faction. En même temps qu'ils repoussent avec hauteur la responsabilité de ses méfaits de chaque jour, ils veulent, être acceptés comme des garants contre ses entraînements du lendemain. De ce qu'ils en sont la gloire, ils croient en être l'âme et la pensée. Ils se prennent pour le parti tout entier : illusion fatale contre laquelle crie l'histoire de l'univers !
Source : Gallica

Portrait de Narcisse-Achille de Salvandy Narcisse-Achille de Salvandy Vingt mois, ou la Révolution et le parti révolutionnaire… (1849)

La terreur est pour le parti une loi de sa nature, une condition de son existence, son principe, sa vertu enfin, son odieuse vertu. S'il prétendait régner sans la terreur, ou s'il y était contraint, son empire ne durerait pas un jour. N'existant que par les masses, n'ayant de puissance que par leur concours, il n'a de génie, sous peine d'être abandonné par elles, que leur génie. Il est dès lors condamné, pour vivre et régner, à se modeler sur la multitude, à vivre et régner à son image.
Source : Gallica

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