Nicolas Edme Restif de La Bretonne

Nicolas Edme Restif de La Bretonne

Résumé

Portrait de Nicolas Edme Restif de La Bretonne Nicolas Edme Restif de La Bretonne Monsieur Nicolas

J’étais d’abord monté sur le pommier sauvage ; mais, le jour baissant, j’en descendis et je m’assis au pied de l’arbre. J’étais à peine tranquille, que j’entendis les cris aigus d’un jeune cochon. Effrayé, je remontai sur l’arbre, et, au même instant, j’aperçois au pied un loup qui semblait me menacer ; et, à vingt pas plus loin, un combat qui m’étonna ! La mère-truie était accourue au secours de son marcassin (car il était presque noir comme le sanglier son père) ; elle s’était jetée sur le loup ravisseur, et, d’un coup de groin, elle l’avait lancé en l’air à plus de dix pieds.
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Portrait de Nicolas Edme Restif de La Bretonne Nicolas Edme Restif de La Bretonne Monsieur Nicolas

Fayel vint m’embrasser : « Je ne te reverrai jamais, » dit-il, « je le connais à mon saisissement. Mais, mon cher frère Augustin ! en quelque lieu que tu sois, dans le cours de notre vie, songe qu’il existe quelque part un cœur qui t’aime et qui souffrira de ton absence !... Adieu, mon cher Augustin ! Ne m’oublie pas ! jamais je ne t’oublierai ! » Il me tenait la main. Il me tira dans l’infirmerie, et me montrant le Jésus, il me dit : « Nous avons vécu ici enfants ; si je m’en crois, c’est le temps le plus heureux de notre vie ; jurons-nous, devant Jésus, de ne jamais l’oublier ! »
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Portrait de Nicolas Edme Restif de La Bretonne Nicolas Edme Restif de La Bretonne Monsieur Nicolas

« Je tiens de mon père, que j’en croirai mieux que vous, que voilà le Testament de Jésus-Christ notre Père, que je dois lire tous les jours, pour connaître les biens qu’il m’a laissés. — Ton père, » répondit brutalement le recteur, « était un Huguenot. — Il ne manque jamais la messe ! » m’écriai-je en pleurant. C’est que, dans les campagnes, le mot de Hugenot équivaut à celui d’athée. Cependand Bonnefoi tirait le recteur par le bras, en lui disant à l’oreille : « Votre ecclésiastique Gascon vous fait faire une scène. Monsieur le recteur ! Allons nous-en ! allons nous-en ! »
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