“ Alors tu comprendras la justice, l’équité, la droiture et tous les sentiers du bien. Lorsque la sagesse viendra dans ton cœur, et que la science fera les délices de ton âme, la réflexion veillera sur toi, et l’intelligence te gardera, pour te délivrer de la voie du mal, de l’homme qui tient des discours pervers, de ceux qui abandonnent les droits sentiers ; afin de marcher dans des chemins ténébreux, qui se réjouissent de faire le mal, et mettent leur plaisir dans les pires perversités ”
Science du bien et du mal
Définition et enjeux
Citations sur “science du bien et du mal”
Eugène Huzar, La fin du monde par la science
“ D’après la tradition à laquelle vous faites profession d’adhérer, et qui est pour nous le fondement de la théorie du mal. Il a existé un temps durant lequel les êtres supérieurs ont vécu dans une condition morale tout à fait analogue à la nôtre ; durant laquelle, soumis comme nous à la tentation, les uns ont succombé, tandis que les autres ont mérité, par leur persévérance, de parvenir à une condition plus élevée, qui se distingue précisément de la première par l’espérance de ne plus déchoir. ”
Friedrich Nietzsche,
Par delà le bien et le mal
“ Si étonnant que cela puisse sembler, dans la « science de la morale » tout entière a manqué jusqu’à présent le problème de la morale elle-même, le soupçon qu’il pût y avoir là quelque chose de problématique. ”
Alphonse Delacroix, La Science des arts, traité d'architectonique… (1869)
“ Il fournit des moyens mnémotechniques de morale. On a vu que l'homme a été constitué pour distinguer le bien du mal, et pour sentir à chaque instant, par sa propre expérience, dans quelle direction il devrait corriger sa voie. ”
Ernest Pérochon, Les Hommes frénétiques
“ La science, qui armait si terriblement les hommes pour le mal, les armait aussi pour le bien. ”
René Roland, De l'esprit du droit criminel aux différentes époques dans l'antiquité… (1880)
“ Trois sciences se sont occupées de résoudre le problème de la liberté morale et par suite de la responsabilité morale. 1° la philosophie spiritualiste qui reconnaît dans l'homme, la liberté du bien et du mal, et lui laisse par voie de conséquence, la responsabilité de ses actes ”
Ém. Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Mais alors, si le bon principe est incorruptible, pourquoi entre-t-il en lutte avec le principe du mal ? pourquoi souffre-t-il que le mal s’empare de cette émanation ou portion de lui-même qui constitue l’âme humaine et qui a besoin, dites-vous, pour être purifiée, d’une intervention nouvelle du bon principe ? ”
Pellegrino Rossi, Traité de droit pénal : oeuvres complètes… (1863)
“ Mais parce que la justice absolue ne se manifeste pas complètement dans ce monde, d'une manière directe, la nature morale des choses est-elle changée? Le développement de l'humanité, la société, et l'ordre social, qui en sont les moyens, cessent-ils d'être des devoirs ? ' Le mal ne mérite-t-il pas toujours d'être rétribué par le mal ? ”
Louis Auguste Delalle,
Oraison funèbre de M. l'abbé Michel…
(1842)
“ Voyez dans l'ordre moral cette lutte incessante de l'homme contre lui-même d'abord, et puis contre ses semblables, pour faire prévaloir le bien contre le mal, la vertu contre le vice, le devoir contre le caprice, l'inconstance et tous les instincts de la perversité. ”
Pierre-Marie Le Mesl, Considérations philosophiques sur la langue française… (1834)
“ Ces vices et ces vertus et beaucoup d'autres sont de tous les lieux, et de toutes les époques, hormis les temps d'effervescence où la nature humaine en délire confond les notions du juste et de l'injuste, du bien et du mal moral ; à ces époques de vertige et de douloureuse mémoire, on a vu décerner des récompenses aux crimes et infliger des châtimens aux vertus. Les idées morales sont le ciment de la société ”
Michel Arthur Castle, Phrénologie spiritualiste : nouvelles études de psychologie appliquée (1862)
“ En effet, en thèse générale, la question du bien et du mal, individuels et collectifs, du vice et de la vertu, dépend bien plus de l'accord ou du désaccord des conditions extérieures avec la nature de l'homme, que des imperfections primitives de son caractère. ”
Louis Bautain, La Conscience, ou la Règle des actions humaines… (1861)
“ Ce n'est pas la vue, ce n'est pas l'ouïe, ni le toucher, ni aucun de vos sens externes, vous ne palpez pas la moralité. Il y a donc en nous un sens du bien et du mal, un sens moral qui nous met en rapport avec la loi morale, souvent même avant que notre raison en ait une connaissance distincte. ”
Léon Bourgeois,
Solidarité
(1896)
“ Si la notion première du bien et du mal est une nécessité, si le sentiment de l’obligation morale constitue en nous un « impératif catégorique », l’opération intellectuelle, par laquelle l’homme s’efforce de définir le bien et le mal et cherche les conditions de l’obligation morale, est du domaine de la raison ”
Félix Le Dantec,
La Revue blanche
“ Il est éminemment antiscientifique, si nous croyons à l’origine ancestrale de notre sens du bien et du mal, de le considérer comme un critérium absolu dans des conditions nouvelles. Notre morale, pour continuer à mériter ce nom, devra s’adapter aux circonstances dans lesquelles se perpétue notre espèce. ”
Eugène Bure d'Orx, Études sur le gouvernement de la France (1864)
“ C'est un paradoxe : morale, conscience, Dieu, voilà trois termes inséparables. Pour l'athée, la morale c'est la jouissance : le bien c'est le plaisir, le mal c'est la douleur. Il n'y a pas de société sans l'idée du bien et du mal telle que la révèle la conscience, qui est une des formes de la raison. Du bien et du mal viennent le devoir et le droit. ”
Adolphe Charles Clavel, Critique et conséquences des principes de 1789… (1866)
“ Laissons les vaines déclamations contre la perversité humaine, et cessons les puériles tentatives pour rendre bons, avec des sermons ou des traités de morale, ceux que tout conduit au mal. L'homme est bon dans les conditions de la bonté, il est mauvais dans les conditions de la méchanceté ”
Ambroise Rendu, Code de l'enseignement primaire obligatoire et gratuit… (1883)
“ Pour ceux d'entre vous qui ont fait des études philosophiques un peu étendues, il est, je crois évident aujourd'hui que la morale existe, indépendamment des idées religieuses; que la distinction du bien et du mal moral, l'obligation de fuir le mal, do faire le bien, sont des lois que l'homme reconnaît dans sa propre nature, aussi bien que les lois de la logique, et qui ont en lui leur principe, comme dans la vie actuelle leur application. ”
Henri Dameth,
Le Juste et l'utile, ou Rapports de l'économie politique avec la morale…
(1859)
“ Toutefois, s'ensuit-il que la conscience possède une notion assez précise de l'idée du bien pour l'appliquer avec certitude aux actes externes, et qu'elle distingue aisément en toutes circonstances le bien du mal? ”
Élémir Bourges,
Les oiseaux s'envolent et les fleurs tombent
“ En morale, en métaphysique, nos vérités sont aussi creuses. Nous ne pouvons pas mieux fonder nos rapports avec nos semblables, qu'avec les pures conceptions de notre esprit... Qu'est-ce que le bien et le mal? ”
Victorien, Les Peuples sans armes plus forts qu'avec des armes… (1849)
“ Voyez cette justice qui condamne la vertu et le fait innocent pour sauver la cause du mal, par comparaison à cette justice sans bourse délier et qui punit le mal et récompense le bien sans passedroit. Voyez cette force brutale comme les bêtes féroces, par comparaison à cette force morale qui gagne les coeurs et qui ramène les esprits par la douceur ; et puis, voyez cette vérité qui irrite les esprits sans pouvoir rien changer, en se bornant à montrer le mal, par comparaison à cette vérité qui peut tout changer en indiquant où le mal commence et finit ”
Émile Montégut, Poètes et artistes de l'Italie (1881)
“ Que nous apprend toute philosophie sur le bien et le mal, sinon que le bien est l'attraction de l'individu vers son centre véritable, et le mal son éloignement de ce même centre? Que nous apprend toute morale sur le bonheur, sinon qu'il consiste dans le parfait accord de l'individu avec sa loi? ”
Sébastien Faure,
La morale officielle... et l'autre…
(1920)
“ En morale, camarades, il n'y a que deux notions essentielles, fondamentales. Ces deux notions soutiennent à elles seules l'édifice moral tout entier : c'est la notion du Bien et la notion du Mal. Le Bien c'est ce qu'on doit faire, le Mal c'est ce qu'on doit éviter. A l'idée de Bien on a coutume de rattacher l'idée de récompense, et à l'idée de Mal celle de châtiment, de punition. ”
Victor de Laprade,
Les Symphonies
“ Le principe du bien ou du mal, de la corruption ou de l’ennoblissement des objets qui nous entourent, il est dans l’homme même ; il est dans la conscience qui distingue et qui choisit le mal ou le bien ”
Dictionnaire apologétique de la foi catholique
“ Alors que la raison se blesse si aisément au spectacle de la vertu malheureuse et de l’iniquité triomphante, quelles funestes conséquences entraînerait donc pour la vie morale de l’humanité cette convergence du vice et de la vertu vers un même terme, cette apparente et scandaleuse identité du bien et du mal ? ”
Pierre-Marie Le Mesl, Considérations philosophiques sur la langue française… (1834)
“ Maintenant et toujours, les vérités morales sont empreintes de nos préjugés et de nos préventions. Ce qui semble un bien aux uns, paraît un mal aux autres ; les uns désirent ce que les autres abhorrent. De là naissent ces opinions diverses qui agitent la société, ces coteries qui la fractionnent, ces nuances qui les séparent. Le sage, recueilli en lui-même, profondément ému de tant de faiblesses et de misère, gémit sincèrement sur les suites funestes et inévitables des préjugés et des préventions de toutes espèces qui nous assiègent, et dont nous sommes les victimes. ”
Johann Lorenz Blessig,
Discours prononcé à la mémoire de feu madame Rapp…
(1814)
“ Craindre Dieu et fuir le mal ! — Demandez-le aux hommes de tous les âges et de tous les climats, n'est-ce pas là la loi fondamentale, écrite en caractères impérissables dans la conscience de tous les mortels? Toutes les sciences pratiques, toutes les branches de la morale, soit naturelle, soit positive, générale ou appliquée, n'en sont - elles pas autant d'émanations respectables et respectées, parce qu'elles brillent toutes du même sceau de l'éternelle sanction? ”
Charles Bonnet,
Essai de psychologie
“ Faisant abstraction de l’agent & ne considérant l’action que dans ses rapports avec le bonheur de l’homme ou avec celui des êtres qui lui ressemblent, elle acquerra les idées de l’utile, de bien & de mal, de la vertu et du vice, du juste & de l’injuste, de l’honnête et du déshonnête, de la perfection & de l’imperfection, de l’ordre & du désordre, du beau moral. Par la connoissance du bien ou du mal moral qui découle naturellement du bon ou du mauvais usage que l’homme fait de ses facultés, l’ame parviendra à la notion de la regle des actions humaines. ”
Eugène de Roberty,
L'éthique. 1896 : "Le bien et le mal"
(1896-1900)
“ Le bien, ou ce qui nous semble tel, représente et résume, à chaque époque donnée, et pour toutes sortes de fins pratiques, les échelons supérieurs, et le mal, ou ce qui nous apparaît comme tel, les échelons inférieurs du savoir biologique et du savoir social. ”
Joseph Gaume,
Où en sommes-nous ? : étude sur les événements actuels…
(1871)
“ Mais ce qui constitue la différence essentielle entre vous et nous, ce qui est le caractère distinctif de votre siècle, ce n'est pas tant le mal même que l'absence de remords, l'obstination dans le mal, la théorie du mal, l'apologie du mal, la négation même de l'autorité qui trace la ligne de démarcation entre le bien et le mal. ”
Jean-Marie Guyau,
Revue philosophique de la France et de l’étranger
“ Après cette genèse rapide des sentiments qu’excite chez l’homme la punition des méchants ou la récompense des bons, on comprendra comment s’est formée la notion d’une justice distributive inflexible, proportionnant le bien au bien, le mal au mal : ce n’est que le symbole métaphysique d’un instinct physique vivace, qui rentre au fond dans celui de la conservation de la vie. ”
Jean-Baptiste Guy, L'Ami de l'ouvrier, par l'abbé Guy… (1872)
“ Les efforts que l'on a faits ont eu d'abord pour but d'établir un amalgame confus dans toutes ces idées; on a voulu confondre le bien avec le mal, le juste avec l'injuste, le vrai avec le faux. On a prétendu qu'il n'y a rien d'absolu en tout cela mais que tout est relatif; que le bien peut être mal, que le mal peut être bien, que le juste peut être injuste, que le vrai peut être faux et réciproquement, suivant les temps, les lieux, les peuples ou les personnes. De cette confusion est né le doute en matière de religion , en philosophie, en morale, en matière de sentiments. Y-a-t-il un Dieu ? ”
Théodore Jouffroy, Cours de droit naturel : professé à la Faculté des lettres de Paris… (1866)
“ D'abord, il est évident que si vous saviez ce qui est bien et ce qui est mal dans ce cas particulier, en faisant ce qui est bien, vous seriez vertueux ; en faisant ce qui est mal, vous seriez coupables. Votre intelligence distingue donc très-nettement ce que j'ai appelé le bien et le mal moral, ou la conformité et la non-conformité de l'acte à la règle morale. Il lui est évident, pour peu qu'elle veuille réfléchir, que le bien moral présuppose l'idée de ce qui est bien en soi, et que l'un de ces biens n'est pas l'autre. ”
Honoré de Balzac,
Louis Lambert, suivi de Séraphita…
“ N’est-il pas ridicule de donner des sens impétueux à l’homme et de lui en interdire la satisfaction. D’ailleurs, à quoi bon ces maigres objections quand le Bien et le Mal sont également annulés ? Le Mal existe-t-il ? ”
Léon Tolstoï,
Une lettre inédite
“ Or, de toutes les sciences que l’homme peut et doit savoir, la principale, c’est la science de vivre de manière à faire le moins de mal et le plus de bien possible ; ”
Alessandro Manzoni,
De l'invention, dialogue philosophique de Manzoni…
(1858)
“ Or, pour égarer les consciences, rien de plus efficace qu'une maxime qui non-seulement dépouille le mal de sa qualité de mal, mais aussi le transforme en bien, une maxime qui fait de la transgression un acte de sagesse, de la violation du droit une oeuvre méritoire. ”
Théodore Jouffroy, Cours de droit naturel : professé à la Faculté des lettres de Paris… (1866)
“ Et de là aussi l'explication des erreurs en morale, et de la différence reconnue par le sens commun entre l'erreur et le vice. Si on peu,t se tromper dans le domaine de la morale, c'est qu'on peut se tromper dans celui de la science et ne pas voir les choses comme elles sont. ”
De Beaufils de La Rancheraye, Mélanges historiques et politiques sur la France… (1832)
“ Cette seule réponse manifeste les principes, la morale des hommes qui se nomment aujourd'hui du juste milieu. Crime, vertu, bien, mal, peu importe, maintenezvous, autrement les plus adroits vous classeront parmi les imbécilles ! ”
Histoire des quatre sergents de la Rochelle… (1872)
“ Remarquons ici la confusion des notions du bien et du mal, et une sorte de rétrécissement de conscience qui n'admet pas les mâles devoirs, qui mutile les grandes obligations pour les proportionner à une défaillance morale, que l'on ose décorer du nom d'humanité. ”
Joseph Fabre, La Pensée moderne (de Luther à Leibniz… (1908)
“ En effet, à côté d'un élément formel consistant dans l'obligation invariable et universelle d'éclairer et de suivre partout et toujours sa conscience avec une entière bonne volonté, la morale ne renferme-t-elle pas un élément en quelque sorte matériel, consistant dans l'accroissement variable, et plus ou moins progressif des lumières scientifiquement acquises sur les véritables relations des choses auxquelles correspondent le bien et le mal? ”
Louis Hachette,
L’Instruction populaire et le suffrage universel
(1861)
“ Le mélange, du bien et du mal se retrouve en toutes choses, dans les diverses formes de gouvernement, dans les conditions sociales, dans les qualités même de notre corps et de notre esprit. Pourquoi n'en serait-il pas de même en matière de civilisation ? Ce qui est essentiel, c'est qu'en définitive la somme du bien l'emporte sur le mal. ”
Clément d’Alexandrie, Les Pères de l’Église
“ Ou bien si le mal existe essentiellement, répondez, que faites-vous des préceptes qui nous prescrivent la justice, la continence, la tolérance, la patience et les matières semblables ? Sont-ils bons ? Sont-ils mauvais ? Si le précepte est mauvais, lui qui défend toutes les choses honteuses, voilà que le vice porte des lois contre lui-même et travaille à sa propre ruine, chose impossible. Si le précepte est bon ; en déclarant la guerre à des préceptes qui sont bons, ces hérétiques confessent donc qu’ils repoussent le bien, et qu’ils font le mal. ”
Bertrand Russell,
Le Mysticisme et la Logique
“ Il est difficile de rendre compte de cette opinion logiquement, sans reconnaître que le bien et le mal sont subjectifs, que le bien n’est que ce qui nous inspire un certain sentiment, et le mal ce qui nous inspire un sentiment contraire. Dans la vie pratique où nous avons un choix à exercer, et à nous décider entre deux actes également possibles, il est nécessaire de distinguer le bien du mal, ou, du moins, le meilleur du pire. ”
Jules Lemaître,
Les Contemporains, 7ème Série
“ Quelles que soient nos défaillances dans la pratique, il faut toujours reconnaître, en théorie, la loi stricte, et sincèrement. C’est encore une façon de vertu que de savoir discerner, sans complaisance, le mal du bien. ”
Hippolyte Loiseau, L'Évolution morale de Goethe : les années de libre formation… (1911)
“ Et non seulement il n'y a pas de morale unique, mais il n'y a même pas de principes de morale absolus. La distinction brutale entre le bien et le mal est arbitraire et ne répond à rien de réel. Ce que nous appelons le mal n'est que l'autre face du bien, et cette lace est aussi nécessaire qu'il est nécessaire que la zone torride brûle, que la Lapome gèle, et qu'il y ait une zone tempérée 3. Etre soi pleinement, voilà l'essentiel. ”
