Résumé

Note relative à une proposition de loi sur les justices de paix (1891)

Tout le monde s'accorde aujourd'hui sur le principe de l'extension de la compétence des juges de paix, et cependant cette extension, poussée au delà de certaines limites, modifierait le caractère dont ces magistrats ont été revêtus à l'origine et qu'ils ont conservé depuis. Il n'est pas inutile de rappeler l'esprit qui a guidé le législateur de 1790 : on appréciera mieux par là les modifications profondes que le projet de loi actuel apporte à cette institution; il la détourne de son but primitif : ainsi qu'on le verra, des juges de paix, il fait surtout des juges.
Source : Gallica

Note relative à une proposition de loi sur les justices de paix (1891)

C'est dans cette seule limite qu'il conviendrait d'étendre la compétence des juges de paix, si l'on veut conserver à l'institution son caractère.
Veut-on aller plus loin et, comme le projet de loi, élever jusqu'à 1,500 francs cette compétence?
Les justices de paix, comme l'observe fort justement la Cour de Chambéry, deviennent de véritables tribunaux de première instance pour lesquels on est en droit d'exiger les mêmes conditions d'indépendance et de capacité que celles dont on entoure les tribunaux ordinaires.
Source : Gallica

Note relative à une proposition de loi sur les justices de paix (1891)

L'argument tiré à ce propos des tribunaux de première instance ne nous semble pas décisif. Sans doute on peut être nommé substitut à 22 ans, juge ou procureur de la République à 25, présidente 27 ans! Mais la condition de ces magistrats est bien différente : ils siègent entourés de leurs collègues, dont les avis les guident et les conseils les éclairent ; les avocats, par leurs plaidoiries, leur présentent la cause sous ses divers aspects, tandis qu'auprès d'eux une bibliothèque assez complète leur fournit des livres à consulter. Or les juges de paix sont privés de tous ces avantages.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature