“ Toute la joie de se retrouver chez soi tient dans ce cri du cœur. Kebec, en effet, c’est la Terrasse. C’est là que s’est rendue la famille, comme en vigie, pour signaler le vaisseau qui ramène l’absent. Oui, la Terrasse, c’est Kébec ! Elle n’a pas plus besoin d’une étiquette d’identification qu’il n’y a lieu de situer les Champs Élysées, le Lido, le Prater, le Broadway, la Promenade des Anglais, la Corniche, la Canebière, le Boardwalk et tant d’autres promenades fameuses encadrées d’un panorama grandiose, car, je le répète, il n’y a qu’une seule et unique Terrasse. ”
Oscar Massé
Résumé
À vau-le-nordet, œuvre d’Oscar Massé, explore avec finesse les tensions culturelles et linguistiques entre la France et le Canada, en mettant en lumière le rôle central de Québec et de la Terrasse comme symboles de l’identité francophone. À travers des réflexions acérées sur les administrateurs, les pionniers et les enjeux politiques, l’auteur interroge le destin des Canadiens-français face à l’influence britannique.
Les thèmes de la coquille, du nordet et du tempérament français s’entrelacent pour dépeindre un paysage où les mots deviennent des armes de résistance ou des instruments de subversion. Le Parlement apparaît comme un théâtre de lutte pour la préservation des institutions et de la langue, tandis que les citations évoquent la fragilité des frontières culturelles.
Citations de À vau-le-nordet (Oscar Massé)
“ Au reste, je ne suis pas sûr qu’on s’entende sur la valeur du mot pris dans ce sens. Pour ma part, j’estime qu’il n’y a coquille que s’il résulte de l’erreur un mot drôle, un sens ou un contresens grotesque, un effet cocasse. À ce compte, la coquille a pour fonction propre, essentielle dirais-je, de provoquer le rire, dût-elle autrement scandaliser. C’est ainsi, du reste, que l’entendait le Marquis de Bièvre qui n’était pas un sot. « La coquille, a-t-il écrit, c’est l’esprit qui « fiente » ! L’idée, pour triviale, est assez expressive. ”
“ Mais ça n’est que du vent nordet ! Pour un chapeau qu’il chipe, une jupe qu’il trousse, Il écarte de nous miasmes et brouillard. On rage et, justement, on rage plus qu’on tousse. Ah ! madame, oubliez la perte d’un riflard, Car où trouver un teint qui vaille votre mine Que ce vent polisson lutine ? Les arbres, à l’automne, ont la petite peur Et frissonnent quand du nordet vient la rafale, Mais c’est bien de plaisir et non pas de stupeur Que chevrote sa voix de rouet qui brédale. ”
