Résumé

Portrait de Paul Bourget Paul Bourget Discours de réception à l’Académie française de Paul Bourget

C’est l’autre forme du mal du siècle qui a toujours oscillé entre ces deux pôles : mépriser la vie ou en abuser. Il a lui-même reconnu et condamné la stérilité anxieuse de ces agitations d’alors dans le dernier et le plus beau de ses romans, celui où il a rédigé le testament de ces années-là : les Forces perdues. Quel titre, Messieurs, et quelle confession que ces deux mots où le romancier a su faire tenir tout l’orgueil d’une nature qui s’est sentie égale à un grand destin et toute l’humiliation de ce destin manqué !
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Ils ne rêvent que littérature, ils sont jeunes, ils sont libres, et aucune œuvre ne naît sous leurs mains. Ils vont avoir trente ans et ils n’ont rien fait, tant il est vrai que le principe de la création intellectuelle, comme de toutes les autres, réside dans le don magnanime et irraisonné de soi-même, dans l’élan attendri vers les autres, dans la chaleur de l’enthousiasme, et que le génie de l’artiste est comme toutes les grandes choses du monde : un acte de foi et d’amour.
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« Descends au plus profond de Paris, » dit-il à M. Maxime Du Camp, « étudie-le dans ses parties les plus secrètes, et puis écris un roman dans lequel tu condenseras les observations que tu auras recueillies. Démonter Paris pour en décrire le fonctionnement, c’est faire œuvre de mécanicien. Démonter Paris pour en transporter le mouvement mathématique dans un roman, c’est faire œuvre d’écrivain... » Quand même Flaubert aurait eu raison en principe, il avait tort dans l’application. La valeur d’une œuvre ne se mesure pas à son résultat visible.
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