Gaschon de Molènes

Résumé

Gaschon de Molènes Revue des Deux Mondes

Le mépris des hommes et le dégoût de lui-même ont tout ruiné dans son cœur, tout, excepté cependant la pensée qui a été la cause première de ses maux. Aussi il s’attache à son dessein, il s’y cramponne avec une énergie désespérée. Il n’a plus pour cette pensée de meurtre l’amour sacré, le dévouement candide et pur que la débauche a tué dans son ame avec tous les nobles sentimens qu’elle renfermait ; il l’aime d’une passion désordonnée et sauvage comme celle qu’une femme perdue ressent pour l’amant qui l’a avilie.
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Gaschon de Molènes Revue des Deux Mondes

Je ne vois pas une seule idée commune au roman de M. de Balzac et au drame de M. Dumas. De notre temps, les uns se prennent d’enthousiasme pour des choses mortes ; les autres s’agenouillent devant des choses qui ne sont pas nées ; il n’est pas de vérité que tous saluent, de réforme dont chacun souhaite l’avènement. Quel est donc le sentiment, quelle est donc la pensée, qui chez les écrivains dont les tendances sont les plus opposées s’expriment de la même manière, par une ardeur effrayante de production ? C’est la pensée de l’argent, c’est l’amour du gain.
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Gaschon de Molènes Revue des Deux Mondes

Il n’y a que deux sentimens qui puissent produire cet état de tranquillité et de paisible attente dans l’ame d’un écrivain : c’est un amour de l’art si profond, si désintéressé, si pur, que toutes les clameurs des hommes ne sauraient ni diminuer ni accroître les jouissances dont il s’enivre, ou c’est une façon si légère, si sceptique de traiter ses œuvres, qu’on ne s’inquiète plus des blâmes ou des éloges qu’elles s’attirent. Lorenzino est-il le fruit de ce scepticisme ou de cet amour ?
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