Prosper de Lafitte

Résumé

Prosper de Lafitte Revue des Deux Mondes

Un insecte ne saurait attaquer une plante que s’il trouve dans la plante quelque substance appropriée à ses besoins, et en lui-même les moyens de conquérir cette substance. Le plus souvent, nous connaissons si peu la plante et l’insecte que nous ignorons également et quelle est chez la plante la substance qui tente l’insecte, et quel est chez l’insecte l’agent qui attaque la plante. Pour la vigne, nous ne connaissons ni la nature des lésions produites par le parasite, ni les accidens physiques ou chimiques qu’elles amènent.
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Ainsi une vigne américaine qui succombe aux atteintes du phylloxéra meurt exactement comme ferait une vigne française. Que sa mort soit plus prompte lorsqu’elle est préalablement affaiblie par quelque autre cause, cela va de soi, et rien ne justifierait l’emploi d’une locution nouvelle pour définir un fait aussi simple, si l’on n’avait en vue une diversion savante : on s’efforce de faire de la résistance, non une propriété essentiellement relative, mais une vertu spécifique, absolue, qui légitime le mot résistant employé sans épithète.
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Nous admettrons avec les botanistes et les horticulteurs que le greffage ne modifie ni la nature du sujet, ni la nature du greffon [1] ; mais une plante se nourrit par les feuilles autant que par les racines; les racines prennent au sol et élaborent des substances que la sève ascendante porte aux feuilles; les feuilles, par un mécanisme analogue à la respiration, puisent dans l’atmosphère d’autres substances qui modifient chimiquement les premières; puis la sève descendante ramène le tout aux racines et aux points divers où se produisent des formations nouvelles.
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