Résumé

Portrait de René Boylesve René Boylesve Le dangereux jeune homme

Mathilde se précipite dans ses bras:
—Je t'en voulais, Lucie, mais je sais à présent que mon mari seul est coupable; c'est lui qui a exigé que tu te montres aussi dure avec moi. Lucie, Lucie! félicite-toi: tu vas divorcer, tu vas être à l'abri des hommes; ce sont des cannibales!
—Il y a des cannibales parmi eux, Mathilde; mais nous sommes, nous, parfois bien agaçantes...
—Bon! Je suis sûre que tu reviens à ton mari depuis que tu ne le vois plus...
—Je ne reviens pas à mon mari. J'ai encore appris aujourd'hui des détails sur sa vie qui sont à faire dresser les cheveux.
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Le dangereux jeune homme

Chacun de nous, que diable! connaît bien une femme qu'il ait un jour voulu attaquer, ou qu'il ait attaquée, et sans succès, s'étant heurté, comme dit mon fils, guerrier, «à un bec de gaz»!...
—Ne reste que l'embarras du choix! dit modestement M. Bernereau.
M. Briçonnet, le troisième, se souvint aussitôt d'avoir goûté un amer plaisir, au moins une fois, près d'une femme qu'il eût aimée plus qu'aucune, mais qui était éprise, à la folie, de son mari.
—Oh! fit M. de Soucelles, s'il s'agit d'une amoureuse légitime, à vous l'honneur, ô Briçonnet: la mienne aimait son amant.
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Portrait de René Boylesve René Boylesve Le dangereux jeune homme

Tu parais songeuse, Mathilde; à quoi penses-tu?
—Je pense, dit Mathilde, à un certain jour où le mien n'est pas rentré déjeuner.
—Oh! écoute, tu es décourageante; je ne te raconterai plus rien. Je te dis mon malheur, qui est réel, considérable, et qui me tue; et tu t'adonnes à des imaginations égoïstes et puériles.
—Egoïstes, peut-être, mais puériles, qui sait? On verra. Allons, Lucie, continue. Te voilà avertie que ton mari simule un déplacement qu'il n'accomplit pas, et puis, en somme, c'est tout.
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