Résumé

Portrait de Renée Vivien Renée Vivien Chansons pour mon ombre

Posez, sur la blancheur d’un oreiller profond,
De ces fleurs sans éclat et dont l’odeur obsède...
Posez-les dans mes mains, sur mon cœur, sur mon front,
Les fleurs frêles au souffle adorablement tiède.
Et je dirai très bas : « Rien de moi n’est resté...
Mon âme enfin repose... Ayez donc pitié d’elle...
Qu’elle puisse dormir toute une éternité... »
Je dormirai, ce soir, de la mort la plus belle.
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Portrait de Renée Vivien Renée Vivien Chansons pour mon ombre

Tel un arc triomphal, plein d’ocres et d’azurs,
Les horizons du soir s’ouvrent larges et purs.
Quand passerai-je, avec mes Victoires dans l’âme,
Sous l’arc édifié pour celui qu’on acclame ?
L’arc mémorable et vaste enferme le couchant
En sa courbe pareille au rythme fier d’un chant.
Quand passerai-je, ayant sur moi comme un bruit d’ailes
Que font, dans l’air sacré, mes Victoires fidèles ?
Certes, l’heure n’est point aux poètes, et moi
Je n’ai que ma jeunesse et ma force et ma foi.
L’arc triomphal est là, clair parmi les nuits noires.
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Portrait de Renée Vivien Renée Vivien Chansons pour mon ombre

Le vent d’hiver s’élance, audacieux et fort,
Ainsi que les Vikings, en leurs nobles colères.
La tempête a soufflé sur les pins séculaires,
Et les flots ont bondi... Venez, mes Dieux du Nord !
Vos yeux ont le reflet des lames boréales,
Les abîmes vous sont de faciles chemins,
Et vous êtes grands et sveltes comme les pins,
Ô maîtres des cieux froids et des races loyales !
Mes Dieux du Nord, hardis et blonds, réveillez-vous
De votre long sommeil dans les neiges hautaines,
Et faites retentir vos appels sur les plaines
Où se prolonge au soir le hurlement des loups.
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