“ Sire, lui dit von Buelow. Vous me forcez d’agir contre mon cœur. Plus qu’un roi, pour moi, vous êtes un ami. Mais au-dessus de l’amitié, je place l’amour de la patrie. Vous me forcez de grossir le nombre de vos adversaires. Soit. Je vous préviens que vous n’étoufferez pas ma voix. Le roi sourit. Ce fut sa seule réponse. Dans quelques instants, il filerait vers l’hôtel de la Borina, et oublierait, là, dans l’atmosphère grisante de son boudoir, saturé de parfums, près de cette femme aux formes sculpturales, toutes les vicissitudes de son métier de roi. Il ne craignait pas von Buelow. ”
Ubald Paquin
Résumé
"Œil pour œil", d'Ubald Paquin, est un roman qui explore les tensions entre pouvoir politique, amour et conflits personnels dans un contexte de révolution. Les personnages principaux, tels que von Buelow, Natalie et Herman Howinstein, incarnent des luttes intérieures et des rivalités autour de l’Uranie, un pays fictif.
Les thèmes de la violence, de la loyauté et de la frontière entre l’individu et la collectivité traversent l’œuvre, mêlant intrigue politique et passion humaine. Le texte, riche en dialogues percutants et en descriptions atmosphériques, interroge la nature de l’emprise du pouvoir sur l’âme.
Citations de Œil pour œil (Ubald Paquin)
“ Si maître de lui qu’il fut d’habitude, Luther Howinstein se troubla quand il fut en présence de Natalie. Il tremblait de tous ses membres et ce fut par un effort de toute sa volonté qu’il pût retrouver son emprise sur lui-même. Il resta devantelle sans parler, ne sachant quels mots il devait... dire ou plutôt il savait les mots impuissants. Il n’avait qu’une pensée, qu’un désir l’étreindredans ses bras, la presser sur son corps et presser sur ces lèvres en des baisers fous, ses lèvres brûlantes de fièvre. ”
“ Sur les faces, des rictus, des grimaces qui voulaient être de joie... Il n’y avait plus d’hommes, plus de femmes. Il n’y avait que la bête humaine, qui bravait le froid, qui bravait le danger pour assouvir l’instinct de cruauté et de sadisme qui dort au fond de l’âme. Ils riaient, ils chantaient, ces êtres... ils se réjouissaient de ce que des ministres venaient d’être égorgés... eux qui n’auraient pas fait de mal à un chien ou à un chat. Le cœur de von Buelow se serrait au fur et à mesure qu’il se frayait son chemin avec difficulté. Qu’était-il advenu de Natalie ? ”
