“ Qui s’agenouille auprès de l’oncle Joseph, quand son cœur est près d’éclater ?... Qui lui dit : « Calmez-vous ! chut ! pas de vain désespoir... l’enfant est allé entendre la musique d’en haut. Là où il est, la maladie ne le ronge plus, le chagrin ne l’atteint plus !... » Qui fait tout cela, dites ?... Ah ! Sarah, vous ne pouvez avoir oublié tout cela. Vous ne pouvez avoir perdu de vue l’autrefois lointain. Quand le chagrin vous est amer, quand vous pliez sous le fardeau plus lourd, c’est cruauté envers l’oncle Joseph que de vous tenir à l’écart ; c’est bonté pour lui que de venir le trouver. ”
Wilkie Collins
Résumé
Wilkie Collins, auteur britannique du XIXe siècle, aborde dans Le Secret les tensions familiales et les conflits émotionnels au sein d’un manoir cornique. L’œuvre, centrée sur Rosamond, Sarah et les rapports complexes entre oncle, nièce et époux, dévoile les mystères liés à une maladie, aux rapports de domination et aux sacrifices muets.
Les extraits révèlent une narration introspective, mêlant souffrance et force, où les personnages basculent entre amour et dévouement. Le roman, organisé autour de révélations successives, met en évidence les paradoxes de la condition humaine, dans un décor à la fois gothique et intime.
Citations de Le Secret (Wilkie Collins)
“ À partir de cette heure où vous avez consacré toute votre existence à un pauvre aveugle ; à partir de cette heure qui vous a donné droit à toute sa reconnaissance, comme vous aviez droit à tout son amour, vous avez, Rosamond, pris dans son cœur une place d’où rien ne vous chassera jamais, non pas même un choc comme celui que nous venons de subir. En si haute estime que j’aie toujours tenu la valeur d’un rang élevé dans la hiérarchie sociale, j’ai appris, même avant ce qui s’est passé hier, à savoir que ma femme, quelle que puisse être son extraction, mérite une estime encore supérieure. ”
“ En voyant mistress Treverton, telle qu’elle apparut au moment où sa femme de chambre ouvrait les rideaux, une personne peu au courant de son état ne se fût jamais imaginé que tous les secours de l’art, si puissants qu’on les lui offrît, étaient désormais superflus. Les indices du mal à peine marqués sur son visage, les inévitables atténuations qu’offraient maintenant les contours arrondis naguère, échappaient presque au regard, ébloui par l’étonnante conservation d’un teint qui était resté frais et pur, et transparent, et radieux comme aux plus beaux temps de sa jeunesse encore vierge. ”
