Résumé

X. Marmier De la poésie finlandaise

Alors, dit le chantre du Kalewala, alors le sage Wæinemœinen, ayant purifié ses mains, s’assied sur un roc, au bord de l’onde argentée, pose la harpe sur ses genoux, la tient sous ses doigts, et s’écrie d’une voix élevée : Que celui qui n’a pas encore connu la douceur du chant, le charme de la mélodie, s’approche et écoute. Et il joue sans effort et il chante. Ses doigts courent sur les lianes et sur les cordes de la harpe ; le son harmonieux s’élève dans l’air, l’accent joyeux répond à l’accent joyeux. L’accord musical s’échappe des branches d’ivoire de la harpe, de ses cordes de crin.
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X. Marmier De la poésie finlandaise

Le prêtre baptise l’enfant, qui devient roi de la forêt, maître des îles riches et fécondes. Le vieux Wæinemœinen se retire triste et confus, se construit un bateau de fer, navigue au loin, et se cache dans les régions inférieures du ciel ; mais, en s’en allant, il laisse à la Finlande sa harpe merveilleuse, sa harpe qui chante l’amour et réjouit le cœur. Ainsi finit l’antique épopée finlandaise, par une pensée d’espoir, par un mythe chrétien, par l’alliance intime de la nature avec la divinité du Christ. La nature est la base première, l’élément principal de cette poésie traditionnelle.
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X. Marmier De la poésie finlandaise

Le paysan finlandais pourrait adresser à Dieu les mêmes paroles de reconnaissance : le sentiment poétique est pour ainsi dire inné en lui, et la mélodie du rhythme lui est presque aussi familière que le langage vulgaire. Chaque émotion l’inspire, chaque évènement donne l’essor à son enthousiasme. S’il est heureux, il faut qu’il exprime son bonheur en vers harmonieux ; s’il souffre et s’il pleure, il faut qu’il répande, comme Wæinemœinen, ses pleurs sur sa kantèle, qu’il dise ses souffrances au feuillage des bois que le vent balance, au lac qui soupire, à l’oiseau qui passe.
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