Zacharie Lacasse

Résumé

Zacharie Lacasse Trois contes sauvages

L’ainé est debout, sa tête s’agite continuellement, se tourne de côté et d’autre, ses yeux cherchent quelque chose, son petit cœur bat avec violence, son œil est humecté de larmes, mais l’enfant est silencieux, pas un bruit, si ce n’est de temps à autre, un soupir longtemps comprimé qui s’échappe de sa poitrine. Il tremble de tous ses membres, la fatigue l’accable, mais il tient son œil toujours grand ouvert : sa mère va peut-être passer ! Un bruit se fait entendre. Maman, est-ce vous ? dit-il, d’une voix tremblante et à peine intelligible. Pour réponse un cri rauque vint déchirer son oreille.
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Zacharie Lacasse Trois contes sauvages

Il voit son petit frère qui s’avance dans le sentier, il aime mieux attendre et lui laisser le soin d’éveiller leur mère, car s’il fallait qu’elle ne s’éveillât plus.
Le plus jeune enfant, âgé d’environ deux ans par l’habitude du regard, reconnaît sa mère, il bat ses petites mains, accélère le pas, un sourire paraît sur ses lèvres, une joie indicible dans son regard, des cris entrecoupés par des soupirs de bonheur s’échappent de sa poitrine depuis si longtemps malade. Pauvre petit ! que fais-tu ? Remercie Dieu d’être si jeune ! Ton tendre âge va t’épargner de constater un bien grand malheur.
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Zacharie Lacasse Trois contes sauvages

Quelle nuit ! père, quelle nuit ! Deux enfants à l’agonie, un époux brisé par la fatigue et la douleur, une bonne mère, oui ! une bonne mère et un tendre père probablement sous un arbre de la forêt, dans les étreintes de la mort.
Le vent commença à souffler du grand Nord, les étoiles disparurent sous les nuages gris et la neige tombant à travers notre cabane, vint éteindre les derniers restes du feu qui ne devait plus se rallumer. Je tremblais de tous mes membres, la faim, le froid, l’anxiété, la peine m’accablaient.
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