marquis de Saporta

Résumé

marquis de Saporta Revue des Deux Mondes

Ainsi, le domaine de la variabilité est essentiellement inégal ; plus restreint ou plus étendu, selon les êtres que l’on considère, il n’embrasse pas toutes leurs parties, qui sont loin d’être influencées par elle de la même manière. L’être inférieur, faiblement différencié et vaguement adapté, peut aussi varier d’une façon plus générale et plus complète ; l’être plus élevé, déjà moins flexible, aura des contours plus arrêtés ; mais l’être tout à fait supérieur, complexe et déterminé dans ses parties principales, ne se prêtera qu’à des variations de détail.
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C’est bien ce qui arrive, en effet, à certaines espèces rares ou frappées de déclin ; la plante recule devant la concurrence de types plus jeunes ou plus robustes. Elle verra son domaine se restreindre et se diviser. Après avoir été ramenée à des stations de plus en plus limitées, semblables à des îlots perdus au sein d’une vaste mer, qui les entoure et menace de les submerger, elle disparaîtra enfin et passera à l’état d’espèce éteinte, dont les seuls fossiles transmettent le souvenir.
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Les stations grandes et petites, les aires d’habitation, les régions elles-mêmes se sont multipliées pour le règne végétal, en même temps que les accidens de la surface. La flore a perdu sa simplicité première ; elle est allée en se compliquant et se subdivisant. Elle a donné naissance à des catégories et à des associations très diverses ; elle s’est scindée et différenciée, en sorte que chaque pays a maintenant ses espèces et que, dans chaque pays, le sol se prête à une foule d’accidens locaux, qui changent à chaque pas et se répètent en reparaissant, après avoir fait place à d’autres.
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