Eugène Fournier

Résumé

Eugène Fournier Revue des Deux Mondes

Depuis quelque temps, on parle beaucoup de la Chine ; la plupart de ceux qui en parlent la connaissent mal. En général, nos compatriotes la tiennent en peu d’estime. Cependant, bien que les Chinois ne nous aient rien donné de plein gré, notre civilisation ne doit pas oublier ce qu’elle leur a emprunté, sous peine d’ingratitude. Mais il faut que nous nous moquions : étranger est toujours synonyme d’étrange. Les habitans du Céleste-Empire sont étonnans, nous les faisons grotesques ; leurs mœurs sont extraordinaires, nous les faisons ridicules ou même criminelles.
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Eugène Fournier Revue des Deux Mondes

Si le malheur a jadis fait sa trouée parmi les siens, il ne s’en jette qu’avec plus d’abandon sur le livre de la nature, dont les feuillets aimés remplacent les pages disparues du livre de sa vie. La plante est son unique objectif : ses pensées, ses actions, tout est conçu et dirigé pour la récolte, tout jusqu’à son costume, surchargé d’engins multiples. A la tenue classique du chasseur s’ajoutent les boîtes de toute grandeur, cylindriques ou mieux plates et carrées, où gisent, en attendant la récolte, la carte et la flore du pays
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M. Renard, jadis délégué du commerce français en Chine, avait rapporté une foule de curiosités fabriquées surtout avec le Bambou carré, dont il a orné sa retraite du parc d’En-bas dans la forêt de Rambouillet. Les voyageurs sont unanimes à nous représenter que, toute sa vie, comme l’a dit M. d’Hervey de Saint-Denis, le Chinois dépend du bambou ; la mort même ne l’affranchit point de cette dépendance ; on le porte au cimetière sur un brancard de bambous, et c’est encore le bambou qui, avec les pins, les sapins et les cyprès, jette sur sa dernière demeure l’ombre de ses rameaux.
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