Résumé

Paul Merruau La Chine depuis le traité de 1860 et le prince Kong

Nankin, la seconde capitale de l’empire, la ville célèbre en Europe par sa tour de porcelaine, maintenant rasée, et qui avait 500,000 habitans et 7 lieues de circonférence, Nankin, dont la vaste enceinte renfermait, comme Rome, des jardins et des collines, et qui baignait le pied de ses murailles dans le grand fleuve commercial de la Chine, le Yang-tse-kiang, — Nankin, détruite en partie, désertée aujourd’hui, paraît à jamais perdue pour la civilisation et le commerce. La terreur semble avoir laissé des traces jusque sur les personnes.
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Paul Merruau La Chine depuis le traité de 1860 et le prince Kong

Il est à remarquer qu’en Chine, dans cet empire livré au despotisme le plus abject, tous les crimes, toutes les cruautés, politiques ou autres, se couvrent toujours d’un prétexte légal. Il n’est pas de mandarin si mince qui, faisant bâtonner jusqu’à la mort un malheureux paysan par vengeance ou par avidité, ne mette, comme on dit, la loi de son côté. Les ministres déchus furent jugés et condamnés, les uns au suicide, genre de supplice assez usité qu’on s’inflige en avalant des feuilles d’or roulées en boules, les autres à la décapitation publique.
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J’observerai à ce propos qu’en Chine toute destitution est généralement accompagnée d’un châtiment quelconque. Les fonctionnaires forment une grande famille dont l’empereur est le père. Or la puissance paternelle étant non-seulement absolue et sans contrôle dans le Céleste-Empire, mais considérée comme infaillible, le fait seul d’avoir mérité la destitution en déplaisant au souverain constitue, sinon toujours un crime, du moins une faute grave qui entraîne une répression. Il n’est pas rare qu’un haut mandarin soit admonesté par l’empereur dans la Gazette de Pékin.
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