Résumé

Étienne Allaire La Bruyère dans la maison de Condé

« Il faut en France beaucoup de fermeté et d’étendue d’esprit pour se passer des charges et des emplois, et consentir ainsi à demeurer chez soi, et à ne rien faire. Personne presque n’a assez de mérite pour jouer ce rôle avec dignité, ni assez de fond pour remplir le vide du temps, sans ce que le vulgaire appelle des affaires. Il ne manque cependant à l’oisiveté du sage qu’un meilleur nom, et que méditer, parler, lire, et être tranquille, s’appelât travailler. » La Bruyère était oisif, mais était-il sage ? C’est ce dont l’oncle Jean pouvait douter.
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Étienne Allaire La Bruyère dans la maison de Condé

L’éducation que les oratoriens donnaient aux enfants devait les préparer à cette profession sublime où une sainte liberté fait un saint engagement, où l’on obéit sans dépendre, où l’on gouverne sans commander, où toute l’autorité est dans la douceur, et le respect s’entretient sans le secours de la crainte. « La charité, qui bannit la crainte, fait, dit Bossuet, un si grand miracle ; et, sans autre secours qu’elle-même, elle sait non seulement captiver, mais encore anéantir la volonté propre. » Assurément la charité des oratoriens ne fit point ce miracle dans l’âme de la Bruyère.
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Étienne Allaire La Bruyère dans la maison de Condé

« Le discours chrétien est devenu un spectacle [73] . Cette tristesse évangélique qui en est l’âme ne s’y remarque plus ; elle est suppléée par les avantages de la mine, par les inflexions de la voix, par la régularité du geste, par le choix des mots et par les longues énumérations. On n’écoute plus sérieusement la parole sainte ; c’est une sorte d’amusement entre mille autres ; c’est un jeu où il y a de l’émulation et des parieurs. »
La Bruyère s’était vite dégoûté du métier de prédicateur et nous en a dit les raisons [74] . D’abord l’éloquence de la chaire est l’œuvre de la grâce divine.
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