Étienne Moreau-Nélaton

Étienne Moreau-Nélaton

Résumé

Portrait de Étienne Moreau-Nélaton Étienne Moreau-Nélaton La Cathédrale de Reims. [Mai-juin 1915… (1915)

Reims a des foires, qui conduisent dans son sein des visiteurs innombrables. Son église neuve n'est pas la moindre des attractions que la cité leur réserve. Le marchand, qui aune son drap ou met ses tonneaux en perce dans les ruelles qui confinent au parvis, a épié, soir et matin, pendant des années, les progrès du miraculeux labeur. Lorsque le grand jour a paru, lorsque les Rémois la tiennent enfin, leur nouvelle cathédrale, quelle bousculade, quelle cohue ! La rue envahit l'édifice ; la foire déferle jusqu'au saint des saints, dans un violent remous humain.
Source : Gallica

Portrait de Étienne Moreau-Nélaton Étienne Moreau-Nélaton La Cathédrale de Reims. [Mai-juin 1915… (1915)

Des voussures du portail ils ont gravi le fronton. Ils montent la garde, vigilante rangée de sentinelles, dans les guérites ajourées dressées tout le long de la nef ; et il en reste encore assez pour veiller sur l'abside, collés au mur avec leurs ailes de grands oiseaux divins éployées contre la paroi du chevet. Nul autre sanctuaire ne possède une garnison aussi nombreuse de la céleste milice. Nul n'en connut une plus séduisante élite. C'est, par excellence, la cathédrale des anges. Une maison habitée par de tels hôtes n'est point faite pour les pensers moroses.
Source : Gallica

Portrait de Étienne Moreau-Nélaton Étienne Moreau-Nélaton La Cathédrale de Reims. [Mai-juin 1915… (1915)

Nous voici arrivés à l'examen de l'édifice. Abordons-le de front. Le recul ne manque point de nos jours pour contempler son imposante façade. Mais, n'oublions pas que cet aspect du monument est une nouveauté. Ce n'est pas ainsi dégagée que nos aïeux ont connu leur cathédrale. D'humbles maisons, tassées contre le colosse, limitaient les ébats des passants, condamnés à se tordre le cou pour apercevoir le faîte des tours du pied du portail qu'elles dominent. L'homme mesurait mieux sa petitesse au contact de cet escarpement prodigieux, dressé au-dessus de sa tête dans un bond fou vers le ciel.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature